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«Matricule 728» ne lâche pas le morceau

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Stéfanie Trudeau

Pierre-Paul Poulin / Le Journal

Huit ans après le printemps érable et même si elle est maintenant retraitée, l’ancienne policière Stéfanie Trudeau, alias « matricule 728 », continue de demander son acquittement pour des voies de fait sur un citoyen. 

« Les personnes criaient, elle avait la perception d’être dans un environnement hostile. Était-elle justifiée d’utiliser la force ? Oui », a lancé l’avocat de la défense Giuseppe Battista, mercredi en cour d’appel. 

L’ex-policière de Montréal contestait sa sentence de 60 heures de travaux communautaires pour avoir malmené un citoyen en octobre 2012.  

À l’époque, « matricule 728 » patrouillait avec son partenaire quand elle a voulu intercepter un citoyen pour une histoire de bière sur la voie publique. 

L’intervention avait toutefois dégénéré : Trudeau s’en était violemment prise aux personnes présentes, agrippant l’un d’eux par l’encolure pour l’immobiliser.  

La scène, filmée, avait causé un tollé. 

Et après l’intervention, la policière avait contacté sa conjointe pour parler des personnes arrêtées en des termes peu élogieux, sans savoir qu’un téléphone enregistrait la conversation. 

« Tous les rats qui étaient en haut, les gratteux de guitare, ces osties de carrés rouges là, tous des artistes, ostie, en tout cas, des mangeux de marde, ils ont commencé à sortir de l’appartement », pouvait-on entendre. 

Or, pour la défense, il s’agissait là d’une conversation privée dans le but de ventiler. Le juge n’aurait jamais dû interpréter ces paroles comme une preuve du peu de respect qu’elle avait envers ces citoyens. 

Ostracisée 

L’avocat a ainsi plaidé que Trudeau avait le droit d’intervenir et qu’elle avait utilisé une force raisonnable.  

Il a ensuite rappelé qu’elle était déjà bien connue, à l’époque, pour avoir poivré des gens sans raison apparente lors d’une manifestation étudiante, quelques mois plus tôt. Pendant des mois, l’ex-policière avait été dénigrée sur les réseaux sociaux. 

« Elle a été ostracisée de façon exceptionnelle », a plaidé Me Battista.  

Il demande donc l’acquittement de sa cliente, ou encore de lui accorder l’absolution afin de lui éviter un casier judiciaire. Dans le pire des cas, l’ex-policière pourrait se contenter d’un nouveau procès. 

La Cour d’appel pourrait rendre une décision vendredi. 

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