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Une fillette de 5 ans s’est retrouvée seule dans la rue

Jérémy Bernier | Journal de Montréal

Quebec

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

Une dame de Québec a vécu la frousse de sa vie lorsqu’un chauffeur d’autobus suppléant a raté deux fois l’arrêt de sa fille de 5 ans pour finalement la déposer à quelques centaines de mètres de la maison familiale.  

Mardi, l’autobus de la petite Esmée, 5 ans, ne s’est pas arrêté devant la maison comme il le fait habituellement.  

« Je sors toujours sur le bord de ma porte quelques minutes avant que l’autobus n’arrive. Quand je l’ai vu passer hier, je suis sortie pieds nus et j’ai crié “ma fille, ma fille !”, mais il ne s’est jamais arrêté », explique sa mère, Savie St-Laurent, dans une entrevue accordée au Journal.  

Comme elle gère seule une garderie en milieu familial, elle devait continuer de s’occuper de « ses amours », et n’a donc pas pu courir après l’autobus.   

Après de nombreux appels, elle a finalement appris que le conducteur avait ramené sa fille au service de garde de l’école de la Fourmilière, où elle est en maternelle. Il croyait que Mme St-Laurent ne s’était pas présentée à l’arrêt.  

Un « cri de mort »  

Or, quand la mère a rappelé au secrétariat pour avertir qu’elle envoyait quelqu’un ramener Esmée à la maison, on lui a dit que le conducteur était reparti avec elle et l’avait déjà déposée.  

« Là, j’ai lâché un cri de mort et je me suis mise à brailler, raconte-t-elle encore sous le choc. J’avais un énorme sentiment d’impuissance. Je ne savais pas où elle était. »  

Des intervenants de l’école et des conducteurs d’autobus du secteur se sont tout de suite lancés à sa recherche. Ce n’est qu’après de longues minutes d’angoisse, vers 16 h 30, que les policiers de Québec ont dit avoir retrouvé l’enfant saine et sauve.  

« C’est une madame [à plusieurs centaines de mètres plus loin sur la rue] qui a entendu ma fille crier et pleurer toute seule dehors, qui l’a accueillie chez elle et qui a appelé la police », souffle la mère de famille.  

Un conducteur suppléant  

À la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, qui gère l’école de la Fourmilière, on assure que la sécurité des enfants lors du transport scolaire « est une priorité ».  

« On est en processus d’enquête pour vérifier tous les éléments. Il faut éviter que ça ne se reproduise », soutient la secrétaire générale de la commission scolaire, Martine Chouinard.   

Du côté d’Autobus Laval, la compagnie de transport scolaire qui est en cause dans cet événement, on explique que le chauffeur fautif était un remplaçant. Il a été démis de ses fonctions pour la durée de l’enquête.  

« Ça fait 30 ans qu’il travaille pour nous. C’est un conducteur d’expérience qui avait un excellent dossier. C’est d’autant plus difficile à comprendre », observe la directrice des ressources humaines de la société, Geneviève Racine.  

Depuis, la petite Esmée a tellement été secouée par l’incident qu’elle refuse de prendre à nouveau le transport scolaire. Sa mère la gardera à la maison quelques jours pour lui permettre de s’en remettre.