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Bell insiste sur une transaction sans conditions

Alexandre Faille | TVA Nouvelles

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Bell a de nouveau demandé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d’approuver son achat de la chaîne généraliste V sans lui imposer d’obligations financières et de restrictions supplémentaires, lors du dernier des deux jours d’audiences tenues à Montréal, jeudi.   

• À lire aussi: Achat de V: Québecor encourage le CRTC à se méfier de Bell  

La présidente de Bell et Bell Média au Québec, Karine Moses, a mis l’accent sur les difficultés financières des chaînes V pour justifier sa requête.   

«Le fait de soumettre ces stations à des obligations additionnelles ou à des contraintes financières plus importantes aurait une incidence directe sur notre capacité à maintenir ces stations», a-t-elle plaidé.   

Mme Moses s’était catégoriquement opposée, la veille, à ce que des exigences en matière d’information soient ajoutées à la licence de V, comme c’est le cas pour ses compétiteurs.   

Bell a néanmoins promis d’embaucher des journalistes à Montréal et en régions pour mettre sur pied des salles de nouvelles avec la collaboration de sa chaîne anglophone CTV.   

D’autres intervenants, au cours des audiences, ont soulevé des inquiétudes quant aux conditions assouplies accordées par le CRTC dans le passé à la chaîne V. Selon eux, les mêmes accommodements ne devraient pas être accordés aux stations une fois que celles-ci seront intégrées dans le giron de Bell.   

«On ne peut pas, du jour au lendemain, faire en sorte que cette station devienne rentable. Ça nous prend du temps pour pouvoir déployer notre plan d’action», a justifié Mme Moses.   

Bell demande au CRTC de prolonger les obligations actuelles de la chaîne V pour les nouvelles régionales et la programmation locale jusqu’en 2022, date à laquelle le renouvellement de la licence est prévu.   

«Désinformation»   

La présidente de Bell et Bell Média au Québec est également revenue sur la charge frontale menée la veille par le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, l’accusant de mener une «campagne de désinformation».   

«L'opposition de Québecor est une tentative d’écraser toute concurrence potentielle à son seul avantage et au détriment du public québécois», a-t-elle déclaré.   

Québecor et d’autres opposants à la transaction s’inquiètent de l’emprise que pourrait avoir Bell sur le marché canadien des télécommunications, elle qui domine déjà le marché canadien.   

Mercredi, Pierre Karl Péladeau a dit s’inquiéter particulièrement de l’impact de la transaction sur les revenus publicitaires des autres médias québécois. Bell a engrangé des revenus de 2,1 milliards l’an dernier, contre 1,2 milliard pour Radio-Canada et 381 millions $ pour TVA.   

En achetant la chaîne V, Bell s’accaparerait près de la moitié des revenus publicitaires dans le secteur de la télévision, elle qui possède actuellement pas moins de 30 stations de télévision à travers le Canada, 109 stations de radio et plus de 200 sites web. Bell est également propriétaire de services de productions, de divertissements, de télécommunications et d’équipes sportives.   

Le CRTC a conclu ses audiences à Montréal et ses commissaires se consulteront dans les semaines à venir pour déterminer si le Conseil donne son aval à l’achat de V par Bell.

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