/finance/homepage

Des négociations qui ne mènent à rien en Gaspésie

Jérémy Bernier | Journal de Québec

Après avoir tenté de négocier avec les Micmacs pour faire passer un convoi de pales d’éoliennes par train à Listuguj, la Société du chemin de fer de la Gaspésie jette l’éponge.

• À lire aussi: «On va frapper un mur bientôt» 

Le transporteur ferroviaire devait faire passer un convoi de 72 wagons contenant un total de 48 pales d’éoliennes, de New Richmond à Matapédia, pour samedi.  

Or, des manifestants micmacs installés sur la voie ferrée depuis quelques jours refusent catégoriquement tout passage de trains, quel qu’il soit. Ce blocage a pour but de venir en appui aux chefs héréditaires Wet’suwet’en, de la Colombie-Britannique, qui s’opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink.  

«On discute, mais ils n’ont pas une structure bien organisée. Ce qui fait que tu parles avec quelqu’un le soir et ce n’est plus le même le lendemain matin, donc ce n’est pas évident», expliquait, jeudi matin, le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie et maire de New Richmond, Éric Dubé.  

«Aucun contrôle» 

Déjà, il déplorait le manque d’ouverture des manifestants qui ne désiraient qu’une seule chose.  

«Ils veulent que la GRC sorte des réserves dans l’Ouest canadien. Alors, moi, je n’ai pas de contrôle là-dessus. Je n’ai pas d’argument et je n’ai rien à offrir, malheureusement.»  

En soirée jeudi, lasse des négociations qui ne menaient visiblement à rien, la société a mis fin à ses pourparlers.   

Trudeau doit s’en mêler, dit le PQ 

De son côté, le chef intérimaire du Parti Québécois et député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, croit que la situation a assez duré et demande au fédéral d’intervenir.  

«Les autochtones ont des droits reconnus, mais certainement pas celui de bloquer des [voies] ferrées. Il ne serait pas prématuré que le premier ministre Justin Trudeau s’en mêle. Après tout, c’est sa juridiction», tranche-t-il.  

Il fait notamment état des impacts économiques, mais aussi des impacts sur les passagers et la vie en société. Il affirme qu’on doit être capable d’échanger sans avoir à faire «ce genre de coup d’éclat».  

«On gagne à se connaître et à travailler ensemble, à faire des projets communs. C’est l’objectif qui est visé. On ne peut pas accepter, au Québec, que notre vie collective soit paralysée par une poignée de manifestants, qu’ils soient autochtones ou pas.»

Dans la même catégorie