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Pas de deuxième chance pour Paul Mukendi

Kathleen Frenette - Journal de Québec

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Bien qu’il se soit dit «tétanisé» et «incapable de témoigner» dans le cadre de son procès devant jury pour agression sexuelle, le pasteur Paul Mukendi ne pourra pas bénéficier d’une deuxième chance.

C’est la décision qui a été rendue par la Cour d’appel, jeudi matin, trois jours après que les avocats se soient fait entendre.

Lundi, Me Dominique Bertrand, l’avocate de celui qui se fait appeler «l’apôtre de Québec» avait exposé à la formation que son client avait été «tétanisé» à la suite d’un courriel reçu au moment du procès, en juin 2019, et que cet état l’avait empêchée de témoigner pour sa défense.

Un courriel qui avait d’abord été envoyé à la poursuivante, Me Sonia Lapointe, qui l’avait par la suite divulgué à la défense tout en spécifiant que ce dernier ne serait pas mis en preuve.

À la Cour d’appel, Mukendi demandait la permission de produire le courriel, un rapport psychiatrique fait par le docteur Pierre Mailloux ainsi que son propre témoignage.

Maître de son procès

«L’accusé demeure le maître de son procès. Il doit assumer la responsabilité pour les conséquences de ses décisions. Il n’est pas dans l’intérêt de la justice de permettre au requérant de rouvrir son procès (...) parce qu’il remet maintenant en question la décision qu’il avait prise de ne pas témoigner», ont rappelé les juges.

La Cour a également souligné que « la proposition» selon laquelle le fondateur et président international du Ministère Paul Mukendi et pasteur principal du Centre évangélique Parole de Vie à Québec se soit retrouvé «dans une situation de faiblesse et d’abattement qui l’a empêché de communiquer adéquatement avec ses avocats» à la suite de la réception du courriel, «ne tenait pas la route».

«Après la communication du courriel, le procès s’est poursuivi pendant près de treize jours», a dit la Cour d’appel en ajoutant que rien n’avait été porté à l’attention du Tribunal.

«Il n’y a pas eu de demande d’ajournement ou d’avortement du procès. Le requérant n’a pas demandé d’être entendu hors jury afin de faire part de l’état d’inaptitude dont il se plaindra seulement quatre mois après sa déclaration de culpabilité», ont ajouté les juges.

Coupable

Rappelons que le 29 juin 2019, après 17 jours de procès, un jury a déclaré Mukendi coupable de neuf chefs d’accusation d’agression sexuelle, de voies de fait causant des lésions et de menace sur une plaignante.

Deux jours plus tard, la défense avait porté le verdict en appel.

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