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Occupation du bureau de Steven Guilbeault en opposition au projet Teck Frontier

Agence QMI

Des militants écologistes ont pris d’assaut les bureaux montréalais du ministre Steven Guilbeault, vendredi, afin de protester contre le mégaprojet d’exploitation de sables bitumineux Teck Frontier.     

Des représentants de Greenpeace Canada et d’Extinction Rébellion, notamment, ont organisé une occupation dans les bureaux de celui qui fut longtemps un militant écologiste, avant de devenir ministre au sein du gouvernement libéral de Justin Trudeau.     

Jusqu’à une cinquantaine de personnes ont pu s’introduire dans le bureau du ministre, selon les organisateurs. Plusieurs d’entre eux, qui sont des étudiants du secondaire, portaient des masques représentant le visage de Steven Guilbeault avec des yeux noirs.     

Ils avaient aussi revêtu les combinaisons orangées typiques de Greenpeace, «identiques à celle que [Steven Guilbeault] portait lors de son action sur la tour du CN en 2001», ont-ils rappelé dans une déclaration relayée aux médias.     

Une centaine d’autres activistes ont fait le pied de grue à l’extérieur, par grand froid.    

Des policiers du Service de police de la Ville de Montréal ont été dépêchés sur place et la manifestation s'est terminée dans le calme peu avant 16h.    

PHOTO COURTOISIE/Greenpeace Canada

  

Conversation avec le ministre   

Steven Guilbeault, qui n'est pas ministre l'Environnement, comme certains le souhaitaient, mais bien ministre du Patrimoine canadien, a répondu aux questions des manifestants par téléphone.  

«Le projet de Teck est présentement étudié par le comité [mixte], de la part du ministre de l’Environnement. Il va y avoir une décision imminente sur cette question-là», a-t-il répondu aux manifestants qui lui demandaient si le fédéral allait mettre fin au projet.  

«Nous avons pris des engagements très ambitieux dans la dernière campagne électorale, donc de revoir à la hausse notre pari d’avoir des objectifs plus ambitieux sur l’horizon 2030 et que le Canada soit carboneutre d’ici 2050, ce ne sont pas des engagements que nous prenons à la légère», a-t-il poursuivi.  

«Et pour nous, ce projet-là, comme d’autres grands projets qui, potentiellement, vont émettre beaucoup de gaz à effet de serre, vont devoir faire l’objet d’une analyse très sérieuse pour voir si ces projets-là cadrent avec ces objectifs que nous avons pris au niveau des émissions de gaz à effet de serre», a-t-il expliqué.  

La conversation s’est terminée abruptement lorsque le téléphone de la manifestante a perdu sa connexion au réseau mobile.  

 

Un projet critiqué   

La mine Teck Frontier devrait émettre plus de six millions de tonnes de GES par année au Canada et serait l’un des plus importants projets miniers liés aux sables bitumineux. Mine à ciel ouvert, elle couvrirait un territoire de près de 300 kilomètres carrés et viserait à produire 260 000 barils de pétrole sur une base quotidienne.    

Steven Guilbeault «a un rôle crucial à jouer pour que ce projet soit rejeté d’ici à la date butoir du 28 février prochain», estiment les organisateurs.    

Les militants écologistes croient que ce projet de mine de sables bitumineux n’est pas logique alors que la question des changements climatiques est sur toutes les lèvres et que le premier ministre Justin Trudeau a promis, lors de la dernière campagne électorale, que le Canada serait carboneutre d’ici 2050.    

Selon les activistes, Steven Guilbeault doit, à l’instar de députés libéraux, s’exprimer contre le projet minier.    

«Teck est le test ultime pour le gouvernement libéral minoritaire alors que sa décision déterminera la couleur de son mandat et s’il est sérieux dans la lutte contre les changements climatiques. Nous demandons au cabinet de rejeter Teck», a dit Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie, Greenpeace Canada.    

«Steven Guilbeault a un rôle crucial à jouer, lui qui a grimpé la tour du CN pour protéger le climat. Il doit maintenant faire preuve du même courage pour convaincre ses collègues qu’ils doivent rejeter Teck et choisir la jeunesse et l’avenir», a-t-il ajouté.    

«Nous condamnons les actions de nos gouvernements colonisateurs et nous refusons d'être des complices silencieux du non-respect des droits des peuples autochtones qui sont des protecteurs des terres et des eaux en première ligne de défense pour la sauvegarde de l'humanité», a dit May Chiu d’Extinction Rébellion, par communiqué.    

«Extinction Rébellion Québec tient à souligner que ses militants sont prêts à se lancer dans une escalade des moyens de pression si cela est nécessaire pour que les droits énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones soient respectés», a-t-elle ajouté.

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