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«Personne ne devrait pouvoir prendre l'économie en otage»

Véronique Morin et TVA Nouvelles

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, croit qu'il «faut forcer une solution» pour que cesse rapidement le blocage de voies ferrées à travers le pays.  

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«Ce sont toutes les chaînes de toutes nos entreprises qui vont être déréglées à cause de cet arrêt majeur», a-t-il précisé vendredi matin en entrevue avec Jonathan Trudeau, à QUB radio.  

  

  

M. Leblanc a soutenu que la fenêtre de résolution était très courte, de l'ordre de quelques heures. «On ne peut pas attendre une semaine pour régler se conflit, sinon les conséquences seront extrêmement graves pour l'économie de Montréal, et du Canada tout entier», a-t-il martelé en laissant entendre qu'une loi spéciale devrait être envisagée.  

Montréal, pôle logistique  

Quelque 4600 wagons sont actuellement bloqués par des manifestants autochtones qui appuient les chefs héréditaires de la Première nation Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique. Ces derniers s'opposent à la construction du gazoduc Coastal Gaslink dans le nord de cette province.  

«C'est extrêmement sérieux, on n'est pas dans du folklore, on est dans des impacts économiques démesurés», a affirmé avec force le grand patron de la CCMM.  

Il a souligné que le rail était un élément fondamental de l'économie de Montréal et du Canada. «On est dans la détérioration rapide des chaînes d'approvisionnement pour toute l'Amérique du Nord.»  

«Notre chaîne d'approvisionnement [...] repose sur du rail très fluide. Chaque heure que ça va durer, va créer des complications, [...] et tout ça parce qu'à l'autre bout du monde, y'a un groupe qui a une dissension sur un projet, et moi je dis: c'est démesuré, ça n'a aucun rapport entre ce qui est la cause à l'autre bout du pays et l'impact économique sur la région ici», a déploré le patron de la CCMM.  

Des impacts «catastrophiques»  

Plus les heures passent, plus la situation devient critique pour les manufacturiers québécois, qui sont incapables de livrer leurs biens de consommation en raison des blocages de voies ferrées.  

Des lignes de production qui tournent au ralenti, de la marchandise coincée dans des wagons sur les rails, des solutions de transport de rechange déjà sous pression : le monde économique est fortement touché par la crise et il demande au gouvernement Trudeau d’agir le plus rapidement possible pour que le transport ferroviaire reprenne du service au pays.  

«C’est catastrophique. Il y a vraiment un sentiment d’urgence sur le terrain. Les manufacturiers n’ont pas d’alternative au transport par voie ferrée», explique la présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Véronique Proulx. «Ça a débuté la semaine dernière. Donc on s'attend à ce que le gouvernement agisse rapidement.» 

C’est que le transport routier, en plus d’être coûteux, fait face à ses propres enjeux, dont celui de la pénurie de main-d’œuvre. «C’était déjà un réseau qui était très congestionné», note Mme Proulx.

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