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Jeux vidéo: bons ou mauvais?

Étienne Paré | Agence QMI

Des centaines de «gamers » fermeront à peine l’œil cette fin de semaine au Palais de congrès de Montréal, où 40 000 $ en prix sont en jeu dans une compétition, qui soulève toutefois plusieurs questions à l’ère où les cas de cyberdépendance augmentent.

Commandité par les boissons énergisantes Red Bull, cet événement, qui vise les jeunes de 13 à 30 ans, n’a rien de malsain, assure-t-on du côté de l’organisation.

«Les gens viennent des quatre coins du Québec entre amis. C’est vraiment un trip de gang», a insisté Catherine Le Jossec, étudiante en génie des technologies de l’information de l’École de technologie supérieure (ETS), qui est derrière ce «Lan Party».

Des avantages à jouer

Les cyberdépendants, ceux qui vaquent à leurs occupations du quotidien pour jouer, seraient en fait très peu nombreux à ce genre de convention, s’il faut en croire Stéphanie Harvey, qui est une des rares au Québec à avoir fait de son passe-temps son gagne-pain.

À la retraite après une lucrative carrière qui l’a amené aux quatre coins du monde, elle considère qu’il y a plus de bienfaits aux jeux vidéo que l’inverse, mais déplore qu’on s’attarde davantage à ce qui va mal.

«Les enfants qui grandissent dans un milieu avec des jeux vidéo développent de la dextérité, de la gestion de problème, des habitudes visuelles. Ils apprennent de nouvelles langues, à travailler en équipe. Quand c’est compétitif, les joueurs développent de la discipline», a énuméré celle qui ne joue plus «que cinq heures par jour» aujourd’hui.

Stéphanie Harvey pense que la compétition de jeux vidéo, le e-gaming, se compare à n’importe quel sport. Les parents devraient encourager leurs enfants qui réussissent et le e-gaming a tout à fait sa place à l’école, selon elle.

Tous ne sont pas de cet avis. À l’automne dernier, l’ouverture d’un premier programme de e-gaming en format sports-études a suscité le débat à l’Assemblée nationale.

«C’est un faux problème, a réagi Stéphanie Harvey. Au contraire, encadrer les jeunes à l’école dans le jeu vidéo, ça leur apprend à bien manger, à bien dormir pour mieux performer. On les soutient dans les études.»

De l’aide sur place

Quoi qu’il en soit, les organisateurs de ce «Lan Party» ne nient pas que certains joueurs puissent éprouver des problèmes. Pour la première fois en 18 ans d’existence, un intervenant en cyberdépendance avait d’ailleurs un kiosque sur place.

«Il y a beaucoup d’anxiété de performance ici à cause de l’importance des prix. C’est important qu’on soit là, au même titre qu’une équipe de hockey va avoir quelqu’un pour leur jaser», a commenté Gabriel Girard, initiateur du projet «Intervenant Game».

Le jeu vidéo n’est cependant pas le problème en soi, c’est l’utilisation qu’on en fait, a-t-il cependant tenu à nuancer.

«Moi, le jeu m’a sauvé la vie. Quand j’ai déménagé, j’étais seul, j’ai touché le fond. En jouant en ligne avec mes amis, ça m’a permis de leur parler de mes problèmes. Ils étaient loin et proche en même temps», a confié Gabriel Girard.