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À quoi s’attendre après les blocus ferroviaires?

TVA Nouvelles

Alors que les blocus ferroviaires des autochtones à travers le pays en sont à leur dixième jour, un expert en relations publiques autochtones entrevoit une sortie de crise. 

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Éric Cardinal, qui suit de près la situation depuis le début de l’opposition au gazoduc GasLink, estime que la sortie du grand chef de Kanesatake Serge Simon, marque un tournant. Plus tôt en journée, le leader autochtone a déclaré qu’il était temps de lever les blocus, tout en assurant qu’ils pourraient reprendre dans l’éventualité où les pourparlers avec l’industrie est le gouvernement seraient «de mauvaise foi». 

«Ce n’est pas banal : le grand chef Simon sait de quoi il parle et il connait bien les enjeux. Ce qu’il dit a du poids», estime l’expert en relations publiques. 

Son sentiment pourrait être partagé par d’autres communautés autochtones ailleurs au Canada. «Je ne connais aucun leader autochtone qui soit content des barricades en ce moment. Ce qu’on voit, c’est un début de dialogue avec le gouvernement fédéral», poursuit Éric Cardinal. 

Un rapprochement

Samedi, le ministre aux Affaires autochtones, Marc Miller, est allé à la rencontre des manifestants en Ontario. Éric Caire est d’avis que cette stratégie était la bonne à adopter. 

«La première chose, c’était de reconnaître que le gouvernement fédéral a une responsabilité, ce qu’il a fait.»

Plusieurs ont cependant fait remarquer que le premier ministre Justin Trudeau n’a pas été encore été vu sur le terrain, préférant plutôt se prononcer depuis l’étranger. 

Si la crise se poursuit, Éric Cardinal prévient qu’il n’aura certainement pas le choix de participer aux pourparlers avec les communautés autochtones. 

«La pression va être énorme. On voit déjà les conséquences des blocus», explique l’expert. Il rappelle néanmoins que Justin Trudeau a mandaté deux ministres pour le représenter auprès des Autochtones, soit M. Miller et la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Dimanche en fin d’après-midi, le premier ministre a d’ailleurs annulé son voyage prévu dans les Caraïbes afin de contribuer à la résolution de la crise. 

Un litige qui date

Éric Cardinal assure qu’il n’y a rien d’étonnant à la rapidité avec laquelle le mouvement d’opposition au gazoduc GasLink, dont le tracé traversait le territoire ancestral des Wet'sutwet'en, s’est propagé. 

«Cet enjeu-là, ça fait plus d’un an. Pendant plusieurs mois, un mouvement d’appui s’est formé, notamment dans la société civile et les groupes environnementaux. C’est peut-être ce qui a permis de structurer une opposition ferme comme celle qu’on a vue.»

En plus des revendications de la communauté de Wet’suwet’en, plusieurs nations autochtones reprochent différents torts aux gouvernements fédéral et provincial, rappelle l’expert en relations avec les Premières Nations. Des enjeux comme des revendications territoriales et la reconnaissance de droits, ancestraux ou issus de traités, sont au cœur de leurs demandes

De plus, la tension entre les Autochtones et les forces de l’ordre est palpable aux alentours des barricades. Depuis le début des blocus, la Gendarmerie royale du Canada est intervenue à plusieurs reprises, parfois violemment, et a arrêté plus d’une vingtaine de manifestants. 

«Depuis 1990, c’est très mal reçu que les policiers veuillent intervenir sur leurs territoires, surtout chez les Mohawks, dit M. Cardinal. Une des raisons de [leur colère] est aussi les interventions policières et l’usage de la force.»

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