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Alstom achèterait Bombardier Transport pour plus de 7 milliards $ US

Agence QMI

Après des semaines de rumeurs, le géant ferroviaire Alstom mettrait finalement bel et bien la main sur la division transport de Bombardier pour un peu plus de 7 milliards $ US (9,3 milliards $ CAN), a rapporté le «Wall Street Journal» dimanche.  

Faisant référence à des sources au fait du dossier, le «WSJ» a assuré qu'un accord préliminaire a été conclu entre Alstom et Bombardier. Cette entente devrait être annoncée officiellement lundi matin, selon le «WSJ»..  

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Selon le quotidien américain, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détient 32,5 % de Bombardier Transport, a accepté de céder ses parts à Alstom en échange d'une participation minoritaire dans l'entreprise française.  

La semaine dernière, le média français BFM Business laissait entendre que la CDPQ pourrait devenir actionnaire d'environ 10 % d'Alstom, puis qu’elle pourrait en devenir son premier actionnaire, devant le géant Bouygues.  

Appelée à réagir, la Caisse a indiqué qu'elle ne «commente jamais les rumeurs».  

À la fois concurrents et partenaires dans le domaine du transport ferroviaire, Bombardier et Alstom seraient en négociations depuis plusieurs mois en vue d'une éventuelle fusion ou acquisition. Les rumeurs s'étaient faites plus insistantes dans les dernières semaines en vue du rachat de la division ferroviaire de l'entreprise montréalaise par Alstom, qui se trouvera ainsi à créer une gigantesque entité à même de concurrencer avec l'entreprise d'État ferroviaire chinoise CRRC.  

Les autorités européennes devront toutefois se pencher sur cette transaction, avant que celle-ci puisse aller de l'avant. «Le regroupement envisagé d'Alstom et de la division ferroviaire de Bombardier [...] fera également l'objet d'un examen minutieux de la part des autorités antitrust, avec une part du marché des unités électriques multiples de près de 50 % et une position dominante sur le marché européen du transport urbain», avait analysé jeudi dernier la firme de consultation allemande SCI Verkehr, citée par le média Urban Transport News.  

Il y a pratiquement un an jour pour jour, le 6 février 2019, un projet de fusion entre Alstom et Siemens avait été rejeté. Bombardier, dont la division transport a son siège en Allemagne, avait alors réagi en se disant «heureux» de la décision, qui aurait «gravement compromis la santé et la compétitivité de l’ensemble du marché ferroviaire européen».  

Bombardier avait elle-même cherché à fusionner avec Siemens deux ans plus tôt, en 2017, mais Siemens avait finalement décidé d'opter pour le projet de fusion avec Alstom.  

Dette  

Aux prises avec une gigantesque dette avoisinant les 12 milliards $ CAN, il était devenu manifeste, au cours des dernières semaines, que Bombardier chercherait vraisemblablement à se départir de l'une de ses deux dernières divisions, soit celle des transports (trains, métro, tramways) ou des avions d'affaires (Global, Challenger, Learjet).  

Jeudi, Airbus, Bombardier et le gouvernement du Québec avaient été annoncé qu'une entente était survenue pour que Bombardier se retire complètement du programme A220 d'Airbus. Cette gamme d'appareils, développée sous le nom CSeries par Bombardier, était passée aux mains de l'avionneur européen qui l'avait récupérée, en raison des problèmes financiers du fleuron québécois.  

En cédant ses parts, Bombardier a reçu 591 millions $ US (environ 785 millions $ CAN) d'Airbus, lui permettant d'éponger quelque peu sa dette.  

Québec détient toujours 25 % des parts dans ce programme, contre 75 % pour Airbus. La valeur de la participation du gouvernement n'est cependant plus que de 700 millions $, un montant diminué de près de moitié par rapport au montant de 1,3 milliard $ qu'avait investi le gouvernement libéral de Philippe Couillard dans l'ancienne CSeries.  

Bref survol historique de Bombardier Transport  

1970: Bombardier acquiert Lohnerwerke, en Autriche. Ce fabricant de scooters et, surtout, de tramways marque l'entrée de Bombardier dans le secteur du transport sur rail.  

1974: Bombardier obtient un immense contrat pour la production de 423 voitures destinées au métro de Montréal, les fameuses MR-73, dont certaines sont toujours en fonction. Il s'agit de son premier contrat dans le domaine du transport en commun.  

2001: Après un quart de siècle de développement et d'acquisitions, Bombardier met la main sur l'entreprise allemande DaimlerChrysler Rail Systems GmbH, ce qui lui permet de devenir le leader mondial en matière de fabrication de trains et autres tramways.  

2002: Bombardier déménage le siège social de son secteur transport à Berlin, afin de se rapprocher de son principal marché, l'Europe.  

2010: Après des années de rebondissements, un consortium formé par Bombardier et Alstom obtient finalement un contrat pour remplacer les MR-73 du métro de Montréal. Les deux partenaires fournissent un total de 54 trains formés de voitures MPM-10.  

2015: La Caisse de dépôt injecte 1,5 milliard $ US dans Bombardier Transport, ce qui lui permet de mettre la main sur 30 % de la division. Cette annonce survenait peu après que Québec eut volé au secours de Bombardier en injectant 1 milliard $ US dans la CSeries.  

Bombardier Transport en quelques chiffres  

- Plus de 40 000 employés dans le monde  

- Fournisseur de matériel et service dans plus de 60 pays et 200 villes  

- Environ 10 milliards $ US en commandes en 2019, un record  

- Un carnet de commandes totalisant 35,8 milliards $ US à la fin de 2019  

- Des revenus bruts de 8,27 milliards $ US en 2019, en baisse de 7 % par rapport à 2018

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