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Malgré la légalisation, le Bloc Pot n'est pas éteint

Étienne Paré | Agence QMI

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Il n'y a pas que le PQ et le Parti libéral qui seront à la recherche d'un chef ce printemps. 

Même si l'article 1 de son programme, la légalisation du cannabis, est devenu réalité, l’illustre Bloc Pot considère qu'il est plus pertinent que jamais et cherche la perle rare pour porter son nouveau message. 

Le nouveau chef du petit parti sera désigné en mai par les membres, revendiqués au nombre de 500 actuellement, mais qui risquent d'être plus nombreux le jour du vote. Depuis la semaine dernière, le Bloc Pot est très actif sur les réseaux sociaux pour recruter de nouveaux adhérents. 

«Les gens pensent que c’est une question réglée, mais au contraire. La légalisation est dysfonctionnelle», a ardemment défendu Hugô St-Onge, militant de la première heure qui a porté les couleurs - vertes comme de raison - du parti lors des précédentes élections provinciales. 

Programme politique audacieux 

Le porte-parole de la formation politique en a surtout contre les décisions du gouvernement Legault, qui a relevé l'âge légal pour acheter de la marijuana à 21 ans et qui a généralisé l'interdiction d'en fumer dans la rue à l'ensemble du Québec. C'est pour ça, selon lui, que le combat se mène sur la scène politique provinciale, même si la légalisation s'est décidée à Ottawa. 

«Depuis la légalisation, les consommateurs sont encore plus stigmatisés qu’avant. Les consommateurs peuvent plus facilement être expulsés de leur logement. Les contraventions sont encore plus sévères si on se fait arrêter», a dénoncé M. St-Onge, qui croit plutôt que les policiers devraient signer un «armistice» avec les revendeurs afin qu’ils puissent intégrer le marché légal. 

Pour cela, le programme du parti précise que les licences de production devraient être distribuées par une régie québécoise plutôt que par le gouvernement fédéral, permettant une culture artisanale, au détriment des grandes compagnies, qui dominent l’industrie à l’heure actuelle. 

Résolument campé à gauche donc, le Bloc Pot voit d’un bon œil que l’État, via la SQDC, s’implique dans la vente et en tire des profits. Mais le parti pense quand même que les consommateurs devraient, en parallèle, avoir le droit de faire pousser leur propre herbe chez eux. 

Un parti sérieux 

Évidemment, il faut vraiment en fumer du bon pour croire que le Bloc Pot puisse faire élire un seul candidat en 2022, même Hugô St-Onge le reconnaît. Or, tel n’a jamais été l’objectif. 

«Être un parti, ça nous permet d’être invités dans des débats, rencontrer les candidats des autres partis et faire avancer nos idées sans être inscrits comme lobbyistes», a-t-il poursuivi sur un ton on ne peut plus sérieux, à s’y méprendre avec celui d’un politicien à cravate. 

Car les électeurs auraient tort de croire que le Bloc Pot est un parti fantaisiste, à l’image du légendaire Parti Rhinocéros. 

«Il y a 20 ans, quand le parti a été fondé, les gens nous regardaient comme des extra-terrestres parce qu’on prônait la légalisation...», s’est plu à rappeler Hugô St-Onge, qui gagne sa vie en faisant la comptabilité d’un festival entre deux campagnes électorales.