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Un blocus qui va coûter cher au supermarché

Amélie St-Yves et Cédérick Caron | Journal de Montréal

Le prix de certains aliments pourrait augmenter au Québec si le transport par camion doit pallier le transport ferroviaire paralysé par les blocus autochtones.      

Les conteneurs de produits importés d’Europe et de l’Est américain arrivent généralement à Montréal par bateau avant d’être chargés sur des trains.     

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Les blocus sur les voies ferrées du Canadien National (CN) ont ainsi commencé à avoir un impact dans les commerces d’alimentation et de restauration en Ontario et dans les Maritimes, selon le professeur de la faculté d’agriculture de l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois.     

Il indique que, depuis quelques jours, on rapporte des ruptures de stock à l’Ontario Food Terminal à Etobicoke, où les marchands et restaurateurs s’approvisionnent en produits maraîchers.     

M. Charlebois ne croit toutefois pas que le Québec se retrouvera avec des pénuries d’aliments, puisque le transport par camion pourrait remplacer le train.     

« Ce qui risque d’arriver, c’est qu’il n’y aura pas de manque d’approvisionnement, mais que les prix vont augmenter si le blocus perdure », explique-t-il, soulignant que le transport routier coûte plus cher que le ferroviaire.     

Hors de Montréal  

Par conséquent, les régions seraient plus à risque d’être affectées par les hausses de prix, surtout celles qui sont éloignées de Montréal.     

Ce point de vue n’est pas partagé par le président-directeur général de l’Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux (voir texte ci-dessous).     

Non seulement le transport de la nourriture pourrait coûter plus cher, mais également la production des aliments, selon Lise Tremblay de la ferme Fatran à Saint-Liboire, en Montérégie, qui produit de la volaille à ce temps-ci de l’année.     

Elle souligne que certains produits servant à la production, comme le propane, sont acheminés par train. Mais elle se questionne aussi sur la provenance de l’engrais et de certaines composantes de la nourriture pour les animaux.     

« Si on est obligés de commencer à faire venir nos choses par camion, ça va coûter une fortune », explique-t-elle.     

Ce qu’elle déplore, c’est qu’au bout du compte, c’est le consommateur qui devra payer.     

 Rappelons que depuis 10 jours, des manifestants autochtones bloquent routes et voies ferrées un peu partout au pays en guise de solidarité avec les chefs héréditaires de la Première Nation de Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique. Ces chefs s’opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink, dans le nord de cette province.     

- Avec l’Agence QMI  


Le corridor ferroviaire du CN est complètement paralysé dans l’est du pays.   

  

Une industrie qui est sous pression  

L’industrie du camionnage ressent une demande accrue en raison des blocus ferroviaires.      

« [Des compagnies de camionnage] ont déjà des signaux de demande additionnelle de transport de marchandises pour répondre à la demande de certains expéditeurs qui avaient choisi le rail », confirme le pdg de l’Association du camionnage, Marc Cadieux.     

Difficile de savoir si l’industrie, déjà sous pression à cause de la pénurie de main-d’œuvre, répondra à la demande.     

M. Cadieux estime que l’utilisation des routes n’est pas plus coûteuse que celle des rails. Le transport par camion limiterait les intermédiaires.     

« C’est le gros bon sens. Vous savez très bien que ça se rend en camion au train, et que ça part du train en camion. Il n’y a personne qui va venir me dire que ç’a coûté moins cher, juste par le nombre de manipulations qui ont été faites », insiste-t-il.