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Écrasement d’avion en Iran: des familles en colère contre Justin Trudeau

Myriam Lefebvre - Agence QMI

Quarante jours après l’écrasement de l’avion abattu par erreur par l’Iran, qui a causé la mort de 57 Canadiens, les familles des victimes critiquent le comportement du premier ministre Justin Trudeau.   

Elles lui reprochent de s’être montré trop convivial lors de sa poignée de main avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, à la Conférence sur la sécurité de Munich, vendredi dernier.    

«Les Iraniens ici ont réagi avec énormément de colère [...] ils ne s’attendaient pas à ce que M. Trudeau aille serrer la main et ait une allure "chummy chummy" avec M. Zarif», a affirmé Nimâ Machouf, chercheure, épidémiologiste et femme politique d’origine iranienne, à QUB radio.    

Écoutez l'entrevue complète ici:

Madame Machouf ne peut s’expliquer cette attitude amicale du premier ministre, d’autant plus que les familles des victimes tiennent le gouvernement iranien responsable de la tragédie du drame du vol PS752 de l’Ukraine International Airlines. Téhéran a d’ailleurs reconnu que l’avion avait été touché par erreurs par ses batteries antiaériennes avant de s’écraser au sol.    

«Monsieur Trudeau, n’oubliez pas qu’il est aussi en campagne de séduction pour le siège à l’ONU (Organisation des Nations unies)», a-t-elle dénoté de ses agissements à la Conférence sur la sécurité de Munich.     

Nimâ Machouf lors d'une vigile pour les victimes de l'écrasement du vol 752 en Iran à Montréal le 12 janvier 2020.

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Nimâ Machouf lors d'une vigile pour les victimes de l'écrasement du vol 752 en Iran à Montréal le 12 janvier 2020.

Des réponses, pas de l’argent  

«Les gens ne sont pas du tout intéressés à l’argent, aux dédommagements. Ils veulent justice et ils veulent que les responsables soient jugés», a souligné la chercheure relativement à la compensation de 106 000 $ par victime, jusqu’à présent offerte par l’Iran.    

Valorisant l’approche «humaine et concernée» de M. Trudeau, qui s’était initialement déplacé pour rencontrer les proches des victimes et évaluer leurs besoins, Mme Machouf somme désormais le premier ministre fédéral d’insister afin qu’une enquête indépendante soit effectuée sur la boîte noire de l’appareil abattu.    

Un sentiment de perte  

Ayant des liens étroits avec certaines familles touchées par la tragédie, Nimâ Machouf a tenu à saluer la mobilisation de la communauté iranienne, notamment en ce qui a trait au soutien psychologique.    

«Il y a des familles qui ont été dévastées. Le sentiment de perte est toujours là», a-t-elle relaté, alors qu’ont eu lieu des cérémonies de recueillement au cours du dernier weekend pour souligner les 40 jours de la tragédie.

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