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La thérapie d'Eustachio Gallese a été ratée, selon un ex-détenu pour meurtre

Pierre-Antoine Gosselin | TVA Nouvelles

La confiance de la population à l'égard de la réhabilitation sociale a été fortement ébranlée à la suite du meurtre de Marylène Lévesque. 

TVA Nouvelles a obtenu le témoignage d'un homme qui a payé sa dette à la société après avoir commis le meurtre de sa conjointe il y a plusieurs années. Selon lui, l'homicide de Marylène Lévesque aurait pu être évité.

Pour Gaston Bourdages, il ne fait aucun doute que la réhabilitation d'Eustachio Gallese a failli lors de son processus de thérapie.

«Je pense qu'en thérapie, il n'a pas nettoyé sa perception de la femme», explique-t-il d'entrée de jeu.

Condamné pour l'homicide involontaire de sa conjointe Lorraine Massicotte en 1989, Bourdages se réfère au meurtre de Chantale Deschesnes, tuée violemment par Eustachio Gallese en 2004. 

Dans le jugement de ce dernier, on peut lire que «des inscriptions haineuses au sujet de la victime ont été laissées sur le mur de la pièce où l'agresseur l'a abandonnée».

«Ce qu'il a écrit sur ce mur, qu'est-ce que ça veut dire? L'intervenant, le psychologue ou le criminologue a-t-il été au fond de la question avec lui? Je pense que ça n'a pas été fait», estime M. Bourdages.

Gaston Bourdages est une preuve que la réhabilitation sociale est possible, et pourtant...

«On peut imaginer qu'il y aura moins de libération conditionnelle d'octroyée dans les prochains mois», croit pour sa part David Henry, directeur général de l'Association des Services de libérations conditionnelles du Québec.

Cet événement a fragilisé les fondements de la réhabilitation.

«On peut penser que ce sera plus difficile pour les ex-détenus de se trouver un logement, un travail», ajoute David Henry, qui estime qu'il est encore trop tôt pour dénoncer l'évaluation du potentiel de réinsertion sociale de Gallese par son équipe de gestion de cas.

«Il s'impliquait dans son processus correctionnel, dans les programmes, il semblait suivre le processus normal. Est-il possible que cet individu ait trompé tout le monde?» se questionne-t-il.

Au Canada, 99,5% des personnes qui obtiennent une libération conditionnelle ne récidiveront pas de façon violente durant celle-ci. Alors le meurtre de Marylène Lévesque s'explique-t-il par un problème du système ou par des manquements dans un cas particulier? Les réponses se font toujours attendre...

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