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Le nombre de places de stationnement payantes pourrait exploser dans Rosemont

Daphnée Hacker-B. | Agence QMI

GEN-Nouvelle borne de stationnement

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Rosemont-La Petite-Patrie pourrait rendre payantes 7000 places de stationnement sur rue à l’aide de bornes. Aucun autre arrondissement central n’a fait une telle demande.

C’est un gros mandat qu’a reçu à la fin de l’an dernier l’équipe de Stationnement de Montréal, rebaptisée l’Agence de mobilité durable. Il s’agit d’une demande «substantielle», confirme au téléphone Christian Auger, directeur général de la société paramunicipale. Celui-ci a rencontré le maire de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, François W. Croteau, à la fin décembre.

De son côté, le maire Croteau semble vouloir minimiser l’ampleur du projet. Il m’a expliqué que son arrondissement n’a soumis qu’une «liste» des secteurs où un déploiement de parcomètres pourrait avoir lieu.

«Est-ce que [ça se concrétisera] dans trois ans ou dix ans? Est-ce que c’est pertinent ou non? L’Agence doit étudier ça», a indiqué M. Croteau.

Le maire fait valoir que, tout d’abord, des agents techniques devront s’assurer que les rues identifiées sont suffisamment engorgées pour justifier l’installation de places payantes. Les secteurs visés sont les principaux pôles d’activité de l’arrondissement, comme l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Espace affaires Rosemont (quadrilatère près de l’intersection Rosemont et De Lorimier) ou le quartier Mile-Ex, vu comme un prolongement du quartier Mile-End.

Qui va décider?

«Je ne suis pas la personne qui peut juger s’il faut le faire ou non. Ça, c’est l’Agence qui va décider», me dit François W. Croteau.

Des sources me confirment plutôt qu’historiquement, quand un arrondissement faisait une demande pour de nouvelles places tarifées, Stationnement de Montréal faisait en sorte de la concrétiser dans la mesure du possible.

Est-ce que l'entité mise sur pied l'été dernier par l’administration Plante prendra dorénavant les décisions? «Non, pas du tout, c’est un travail d’équipe [avec les arrondissements]», répond Christian Auger de l’Agence de mobilité durable.

Pourtant, le maire Croteau insiste: «Ce n’est pas moi qui décide de ça. Je n’en tire pas de profit». En effet, tous les revenus des parcomètres vont dans les coffres de la ville-centre, et les arrondissements n’empochent que l’argent provenant des vignettes.

Pas comme Outremont, mais...

Autre point que François W. Croteau tient à clarifier: il ne compte pas du tout emboîter le pas à l'arrondissement d'Outremont et rendre 100 % des places de stationnement payantes sur son territoire.

Il n’en reste pas moins que sa requête «d’évaluer le potentiel» de 7000 places est un geste ambitieux (d'autant plus qu'il n’y a actuellement que 1115 places payantes dans l'arrondissement).

«C’est sûr que cette nouvelle va provoquer une levée de boucliers, les gens vont dire que c’est injuste», dit l’urbaniste Christian Savard. Mais selon le DG de Vivre en Ville, ce qui est réellement injuste, c’est qu’autant d’espace public soit occupé gratuitement, alors que l’entretien annuel d’une seule place de stationnement est de plus de 1000 $.

Tarifer le stationnement a deux grands avantages, ajoute Jean-Philippe Meloche de l’Université de Montréal: s’assurer que les places soient disponibles pour ceux qui en ont vraiment besoin et encourager un maximum de gens à prendre le transport en commun.

Ces raisons ont possiblement motivé l'équipe du maire Croteau à dresser une liste aussi substantielle. Reste à voir si le projet va se concrétiser et quand.

- Avec Jean Balthazard

Les nouvelles bornes... un fiasco?

En octobre dernier, Stationnement de Montréal, rebaptisé l'Agence de mobilité durable, a entamé la modernisation des 1250 bornes de stationnement. Petit hic, les nouvelles machines, tout comme celles qui ne seront que restaurées, multiplient les problèmes: infiltration d’eau, impossibilité de faire une mise à jour du logiciel ou d’utiliser les lecteurs de carte, etc. Le directeur général de l’Agence, Christian Auger, indique que ce sont des «pépins normaux» qui n’auront comme effet que de repousser le déploiement à la fin mars alors que tout devait être complété début janvier. Il affirme qu’aucun argent des contribuables n’est perdu dans cette mésaventure. De son côté, l’entreprise qui a décroché ce contrat de 15 millions $, J.J. Mackay, a refusé de commenter

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Des chiffres

18 000

On compte actuellement un total de 18 311 places de stationnement tarifées sur rue sur l’ensemble du territoire de Montréal.

28 %

Si les 7000 nouvelles places tarifées par parcomètre voyaient le jour dans Rosemont-La Petite-Patrie, l’arrondissement détiendrait à lui seul plus du quart des espaces de stationnement payants à Montréal.