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Logements sociaux : 300 terrains visés par la Ville

Guillaume Cyr - 24 Heures

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GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

La Ville de Montréal s’est dotée d’une priorité d’achat sur quelque 300 lots pour y installer des logements sociaux et communautaires. 

Il ne s'agit pas d'un droit d’expropriation, mais bien un droit de préemption, a précisé la mairesse de Montréal Valérie Plante lundi lors de l'annonce. Ainsi, si un propriétaire veut se départir d’un terrain ou d’un immeuble, la Ville pourra choisir d’égaler la première offre d’achat qu’il reçoit pour mettre la main sur sa propriété. 

«On sait que le marché immobilier est en pleine effervescence à Montréal et qu’il n’y a pas beaucoup de terrains et de bâtiments qui sont offerts sur le marché, et que, lorsqu’il y en a, ils s’envolent très vite», a mentionné la mairesse, précisant que son administration est «très préoccupée par la pénurie de logements à Montréal». 

Les lots ciblés sont répartis dans plusieurs secteurs de la ville où la pression sur le marché locatif est forte, comme Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Verdun, Ville-Marie et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension. Plusieurs lots près du nouveau Campus MIL de l’Université de Montréal intéressent d'ailleurs la Ville. 

Pour l’instant, la Ville ne peut chiffrer le nombre d’unités qui seraient installées sur les terrains visés. 

«Un pas en avant» 

Catherine Lussier, organisatrice communautaire pour le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), voit d’un bon œil cette mesure, mais rappelle qu’il y a encore du travail à faire avec le nombre de logements sociaux. 

«On demande à la Ville de prendre des mesures pour développer davantage de logements sociaux. Pour nous, l’objectif de 12 000 logements sociaux est bien peu», a rétorqué Mme Lussier, faisant référence à l’objectif de la mairesse d’ici la fin de son premier mandat. 

Le FRAPRU demande d’ailleurs au gouvernement provincial, dès le prochain budget, de prévoir un montant de 1 milliard $ par année pendant cinq ans pour atteindre l’objectif de 50 000 logements sociaux. 

Un manque de transparence, selon la CORPIQ 

Le directeur des affaires publiques à la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, Hans Brouillette, n’a pas hésité à signifier que l’administration Plante manque totalement de «considération» envers les propriétaires et de «transparence» concernant les annonces en matière de logement. 

«C’est la quatrième annonce en 10 jours et nous n’avons jamais été avertis», a-t-il déploré, donnant aussi en exemple la liste des propriétaires d'immeubles insalubres, dévoilée le 6 février dernier. 

Pour ce qui est du droit de préemption, il peut venir fausser le prix de vente d’un lot et pénaliser le vendeur, estime M. Brouillette. Selon la CORPIQ, la solution devrait passer par les subventions municipales effectuées aux promoteurs immobiliers comme levier de la stimulation de production de logements.

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