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Justin Trudeau continue d’insister sur le dialogue

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau promet que son gouvernement travaillera «jour et nuit » pour s’entendre rapidement avec les manifestants autochtones qui perturbent le réseau ferroviaire, mais assure qu’il n’escamotera pas les questions centrales du dialogue avec les Premières Nations.              

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«Je sais qu’on veut tous trouver une solution, mais en même temps, il faut éviter que les choses s’aggravent», a-t-il déclaré aux Communes mardi.          

M. Trudeau a du même souffle dénoncé ceux, comme le chef conservateur Andrew Scheer, qui demandent une intervention de la police pour mettre fin aux blocus menés à plusieurs endroits par des manifestants solidaires aux chefs héréditaires Wet’suwet’en.          

«La patience peut être en quantité limitée, mais cela lui confère plus de valeur que jamais», a-t-il lancé dans son allocution tout en répétant plusieurs fois que la solution doit être trouvée rapidement.          

Le premier ministre a fait l’objet de nombreuses critiques pour avoir été à l’étranger en plein moment d’impasse au pays. La semaine dernière, il était en Éthiopie, au Sénégal et en Allemagne. Ce n’est que tout récemment qu’il a changé ses plans et renoncé à se rendre dans les Caraïbes pour une rencontre avec les chefs de gouvernement de cette région.          

M. Trudeau a assuré que son gouvernement travaille «depuis les onze derniers jours», mentionnant notamment la rencontre de samedi entre le ministre des Services aux Autochtones Marc Miller et les Mohawks de Tyendinaga, en Ontario.    

Un débat d’urgence sur le dossier doit par ailleurs avoir lieu mardi soir aux Communes, à la demande du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique. Les parlementaires devraient donc veiller jusqu'à minuit dans l'enceinte du Parlement.    

Les conservateurs seuls dans leur camp        

En après-midi, le premier ministre Justin Trudeau a convié tous les leaders des oppositions à Ottawa à une rencontre afin de se pencher sur la crise du blocus ferroviaire. Tous, sauf un : le leader de l’opposition officielle Andrew Scheer.    

Le Parti conservateur préconise l’utilisation de la force pour démanteler les barricades érigées par les manifestants autochtones. Mardi, le leader de l’opposition officielle Andrew Scheer a qualifié de «molle» la réponse de Justin Trudeau à la crise. Il dénonce le fait que de «petits groupes de radicaux» aient pris l’économie du pays «en otage».    

Le gouvernement a justifié sa décision d'exclure Andrew Scheer de la rencontre par son absence de volonté de dialoguer avec les opposants autochtones.    

«M. Scheer s’est disqualifié de toute discussion constructive», a fait savoir le premier ministre Trudeau.  

Andrew Scheer a de son côté dénoncé l'«hypocrisie» du premier ministre et qualifié la rencontre de «diversion» pour détourner le regard de son absence d'actions. «J'ai de la peine pour M. Singh et M. Blanchet, qui ont été utilisés par le premier ministre», a-t-il déclaré.  

  

  

De nombreux manifestants autochtones bloquent routes et voies ferrées en solidarité avec les chefs héréditaires de la Première nation de Wet’suwet’en qui s’opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink, en Colombie-Britannique.          

Cette mobilisation, disséminée un peu partout au Canada, a paralysé le service par rail, allant du transport de passagers à l’acheminement de marchandises essentielles comme le propane.          

Plus tôt mardi, plusieurs chefs de Premières Nations sommaient les protestataires de mettre fin aux blocus et de laisser la chance aux discussions avec le fédéral.          

«Nous appelons au calme. Nous demandons [...] un dialogue constructif», a lancé le chef de l’Assemblée des Premières Nations Perry Bellegarde, sur la colline parlementaire.          

Le grand chef mohawk de Kanesatake, Serge Simon, a renchéri en faisant valoir que la levée des blocus n’équivaudrait pas à une renonciation des revendications autochtones.          

«Ça veut seulement dire que vous allez dire au gouvernement ‘’OK, nous montrons de la bonne foi [...], mais gardez en tête que si vous ne continuez pas dans la voie d’un dialogue respectueux avec les chefs héréditaires, alors nous serons de retour’’», a-t-il dit à l'adresse des protestataires.          

Entre-temps, un semblant d’accalmie semblait poindre à l’horizon, mardi. Le transporteur VIA Rail a annoncé que le service pourrait partiellement reprendre entre Québec-Montréal-Ottawa après avoir reçu une autorisation du CN en ce sens.     

- Avec TVA Nouvelles

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