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Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale : «C’est un honneur et un privilège», dit Laurent Duvernay-Tardif

Richard Boutin | Le Journal de Québec

Laurent Duvernay Tardif

Simon Clark/Agence QMI

Laurent Duvernay-Tardif a été honoré par la classe politique, mardi, alors qu’il a reçu la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale des mains du président, François Paradis.

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Champion du Super Bowl, le garde des Chiefs de Kansas City avait vu son exploit souligné par une motion des quatre partis présentée par le chef du troisième groupe d’opposition, Pascal Bérubé.

«C’est un honneur et un privilège d’être honoré par la plus importante institution au Québec, a souligné Duvernay-Tardif. Je suis fier d’être Québécois et de partager une partie de ma culture aux États-Unis. Je suis fier de représenter le Québec. En 2014, qui aurait cru que je serais ici un jour?»

Avant de recevoir sa médaille, Duvernay-Tardif a remercié ses parents présents dans la salle en leur rendant un vibrant hommage.

«En 2014 quand tout a débuté et où mes chances d’atteindre la NFL étaient de cinq pour cent, mes parents que j’aime beaucoup m’ont encouragé à aller au bout de mes rêves pour que je n’aie pas de regrets plus tard, a-t-il exprimé avec des trémolos dans la voix. Il ne me restait que 16 mois pour terminer ma médecine à McGill et ils auraient pu me dire de compléter mes études et d’aller m’amuser au football par la suite.»

«Mes parents m’ont appris à rêver, de poursuivre le garde des Chiefs. Mes parents ont toujours eu des projets. Professeur de cégep, mon père a tout mis de côté, et nous sommes partis toute la famille en voilier pendant un an où je poursuivais mes études. Par la suite, on est parti sur le vignoble de mes grands-parents. Toutes ces expériences ont forgé le jeune homme que j’étais. J’espère un jour transmettre ces valeurs à mes enfants.»

L’agent en ajoute

Aux premières loges depuis les débuts de cette grande aventure, Sasha Ghavami a aussi fait l’éloge des parents de son ami et protégé.

«J’avais les larmes aux yeux quand Laurent a livré son message, a confié son agent. Ils devaient avoir une grande confiance en Laurent pour lui permettre d’aller au bout de son rêve et de faire ses propres choix dans un domaine qu’ils ne connaissaient pas du tout. D’une conversation loufoque en 2013 sur le chemin permettant d’atteindre la NFL à un message texte à notre retour de Knoxville en novembre 2013, où nous avions été rencontrer le préparateur physique Charles Petrone, son père a embarqué dans le projet et [il a] toujours témoigné une grande confiance à son fils. Moi aussi, je souhaite transmettre ces valeurs à mes enfants.»

Journée occupée

La journée de Duvernay-Tardif avait débuté au PEPS en matinée où il était présent à titre de porte-parole de Héma-Québec à l’occasion d’une collecte de sang.

Après avoir reçu sa médaille, il a participé en soirée à une activité dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire, dont il est le porte-parole.

«La NFL représente une aventure incroyable, mais je veux qu’il reste plus que le football à la fin de mon parcours sportif. Avec la tribune du football et par l’entremise de ma Fondation, je veux promouvoir les causes qui me tiennent à cœur. Je veux influencer les prochaines générations de jeunes. Cette médaille représente l’équilibre entre mes passions du sport et de la médecine et elle occupera une place chère dans mon cœur et dans mon appartement. Je vais la faire encadrer.»

Sur les traces de son grand-père 

L’instant de quelques heures, Laurent Duvernay-Tardif a marché dans les traces de son grand-père, Guy Tardif, qui a siégé à l’Assemblée nationale de 1976 à 1985 comme député de Crémazie et obtenu différents portefeuilles ministériels dans les gouvernements de René Lévesque et de Pierre-Marc-Johnson.

«Je me suis un peu emporté lors des remerciements à mes parents, mais j’aurais voulu remercier mon grand-père», a mentionné le garde des Chiefs qui a reçu une chaleureuse ovation au moment de sa présentation et après son allocution.

«J’aurais aimé pouvoir le remercier. C’est spécial pour moi d’être ici à l’Assemblée nationale. Ça me rend fier d’être ici pour lui. Mon grand-père aurait été fier pour moi s’il avait été ici, mais il m’aurait encore reproché de ne pas avoir lu Baudelaire. Mais pour le reste, il aurait été fier.»

Proche

Duvernay-Tardif entretenait une relation étroite avec son grand-père qui est décédé en mai 2005 à l’âge de 69 ans.

«À Miami, après notre victoire au Super Bowl, j’ai serré ma grand-mère dans mes bras et je lui ai dit que mon grand-père aurait été fier de moi, a-t-il confié. Il a été un mentor et a eu un impact sur moi en me transmettant des valeurs qui vont me suivre toute ma vie. Nous étions très proches l’un de l’autre et j’ai grandi sur le vignoble [Le Clos Saint-Denis] de mes grands-parents.»

On lui a demandé s’il aimerait un jour se lancer en politique. Duvernay-Tardif a répondu que ses efforts se traduiront plutôt par un engagement auprès de sa Fondation.

«C’est par le biais de ma Fondation que je veux avoir un impact positif. C’est vrai qu’on peut tracer un parallèle entre le football et la politique. D’après ce que je peux voir, la politique est un travail très difficile où l’opinion publique n’est pas favorable. Au football, tu dois croire en tes moyens pour réussir malgré l’adversité et la pression médiatique.»

La coupe Stanley

François Legault a déridé la foule présente. «C’est difficile pour un politicien qui se fait critiquer tous les jours alors que tout ce qu’on entend depuis deux semaines et demie est que Laurent est parfait», a lancé le premier ministre du Québec à la blague.

«Il y a cinq ou six ans, je n’aurais jamais cru que le trophée Lombardi serait remporté par un Québécois, avant que la coupe Stanley revienne au Québec», a ajouté François Legault.

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