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Revenu Québec: Atteinte à la dignité, climat toxique et remarques vexatoires

Alex Drouin | Collaboration spéciale

Photo d'archives

Climat toxique, atteinte à la dignité, remarques vexatoires ... Une employée de Revenu Québec a vécu plusieurs moments difficiles avec son employeur qui été reconnu coupable de harcèlement psychologique.  

« Le Tribunal d’arbitrage déclare que la plaignante a été victime de harcèlement psychologique et que l’Agence Revenu du Québec a contrevenu à ses obligations (...) à savoir de prendre les moyens raisonnables pour prévenir le harcèlement psychologique et pour le faire cesser », peut-on lire dans une décision rendue le 3 février dernier.  

Valérye Russell travaille pour Revenu Québec depuis 1993 et a occupé plusieurs postes au fils des années. Elle a déjà même déjà obtenu des bonis pour son bon rendement, indique le document.  

« Elle a un dossier disciplinaire vierge et a toujours été considérée par ses supérieurs comme une employée compétente et dédiée à son travail. »  

Pour des raisons de santé, elle travaille quatre jours par semaine depuis 1996 et cela lui permet également de concilier sa vie familiale et son travail.  

L’employée a été victime de harcèlement du 11 août 2014 au 11 novembre 2014 de la part d’une directrice surnommée Madame X dans le document.  

« Cette dernière a exercé de façon tout à fait déraisonnable son pouvoir de direction. Par ses commentaires désobligeants et offensants, elle a humilié la plaignante », selon la décision.   

Mme Russell a indiqué au Tribunal que Madame X lui a dit qu’elle « serait mieux de se trouver un emploi ailleurs » et qu’un autre directeur « voulait la tasser ».  

« Le nombre et la fréquence des remarques non fondées et vexatoires ont porté atteinte à la dignité de la plaignante et elles ont entraîné un climat de travail néfaste », peut-on lire également.  

Acte malveillant  

À cause du harcèlement subi, Valérye Russell a demandé à être relocalisée dans un autre bureau de Revenu Québec, ce à quoi l’employeur a acquiescé.  

Or, Revenu Québec a refusé que Mme Russell se rende à son ancien lieu de travail afin de saluer ses collègues et de récupérer ses effets personnels.  

« Le Tribunal considère qu’il est complètement déraisonnable et totalement injustifié » d’agir ainsi et « assimile ce refus à un acte malveillant (...) d’isoler la plaignante et de refuser cette visite constitue aux yeux du Tribunal une manifestation de harcèlement psychologique ».   

Par courriel, Revenu Québec a fait savoir « qu’aucune information concernant le dossier personnel d’un employé de Revenu Québec ne peut être divulguée et offre à tous ses membres de son personnel un milieu de travail sain et exempt de toute forme de harcèlement. »