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Trois conditions pour sortir de la crise, dit le chef de l'Assemblée des Premières Nations

TVA Nouvelles et Émilie Bergeron | Agence QMI

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, estime que trois conditions sont nécessaires pour sortir de la crise provoquée par les blocus autochtones en protestation au gazoduc GasLink.    

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«La demande est simple», a-t-il dit en conférence de presse à Ottawa, mardi matin. Le leader autochtone demande que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) quitte le territoire traditionnel des Wet’suwet’en, dans le nord de la Colombie-Britannique.  

Depuis plus d'un an, les barricades et les campements de la communauté érigés sur son territoire ont été le théâtre de violents affrontements avec la GRC. Perry Bellegarde a souligné que des solutions de rechange, telles que la police autochtone, devraient être envisagées.    

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Un deuxième élément est que les joueurs de l’industrie étudient leurs options pour modifier le tracé du gazoduc et étudient d’autres possibilités sérieusement. GasLink disait jusqu’à tout récemment que le tracé choisi était le seul «viable».    

Enfin, les communautés autochtones exigent que le processus de négociation avec la Couronne soit formalisé. Un calendrier des rencontres ainsi qu’un échéancier «qui donne au temps le temps d’avoir des discussions positives» sont demandés.    

Perry Bellegarde rappelle que la déclaration onusienne sur les droits des peuples autochtones, qui reconnait leur droit à l’autodétermination, devrait être une feuille de route pour la réconciliation. «Quand les gouvernements ignorent les droits des autochtones, cela mène au conflit et aux tribunaux», a-t-il déclaré.  

Appel au calme à l'unisson 

Plusieurs chefs de Premières Nations somment les manifestants solidaires aux chefs héréditaires Wet’suwet’en , qui perturbent le réseau ferroviaire depuis une dizaine de jours, de mettre fin aux blocus et de laisser la chance aux discussions avec le fédéral. 

«Nous appelons au calme. Nous demandons [...] un dialogue constructif», a lancé le chef de l’Assemblée des Premières Nations Perry Bellegarde, mardi, sur la colline parlementaire. 

Le grand chef mohawk de Kanesatake, Serge Simon, a renchéri en faisant valoir que la levée des blocus n’équivaudrait pas à une renonciation des revendications autochtones. 

«Ça veut seulement dire que vous allez dire au gouvernement ‘’Ok, nous montrons de la bonne foi [...], mais gardez en tête que si vous ne continuez pas dans la voie d’un dialogue respectueux avec les chefs héréditaires, alors nous serons de retour’’ », a-t-il dit à l'adresse des protestataires. 

De nombreux manifestants autochtones bloquent routes et voies ferrées en solidarité avec les chefs héréditaires de la Première nation de Wet’suwet’en qui s’opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink, en Colombie-Britannique. 

Cette mobilisation, disséminée un peu partout au Canada, a paralysé le service par rail, allant du transport de passagers à l’acheminement de marchandises essentielles comme le propane. 

Le grand chef Simon a d’ailleurs souligné, mardi, que les perturbations ne touchaient pas que les non-autochtones, mais aussi une foule de membres de diverses communautés autochtones. 

Le gouvernement fédéral a initié des pourparlers avec les chefs héréditaires Wet’suwet’en dans les derniers jours. Le premier ministre Justin Trudeau doit donner plus de détails sur la suite des choses, plus tard mardi. 

Entre-temps, un semblant d’accalmie semblait poindre à l’horizon, mardi. Le transporteur VIA Rail a annoncé que le service pourrait partiellement reprendre entre Québec-Montréal-Ottawa après avoir reçu une autorisation du CN en ce sens.

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