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Il frôle le désastre à cause de Bell et d’Hydro-Québec

Philippe Orfali | Le Journal de Montréal

Stanislas Pettigrew devant sa cabane à sucre écoénergétique flambant neuve, à Frelighsburg, dans le sud de la Montérégie.

Photo courtoisie, Stanislas Pettigrew

Stanislas Pettigrew devant sa cabane à sucre écoénergétique flambant neuve, à Frelighsburg, dans le sud de la Montérégie.

Après avoir frôlé la catastrophe en raison de retards causés par Bell, un acériculteur de Frelighsburg pousse un soupir de soulagement après l’intervention du Journal

Depuis le 17 décembre dernier, Stanislas Pettigrew attend impatiemment qu’Hydro-Québec raccorde sa toute nouvelle érablière au réseau d’électricité. 

Les experts de la société d’État se sont présentés le 9 janvier sur le site de l’érablière familiale, reconstruite récemment à grand coût afin d’être à la fine pointe de la technologie, notamment en matière d’efficacité énergétique. 

Or, les employés d’Hydro-Québec n’ont pu effectuer le raccordement, le poteau sur lequel ils devaient poser leur fils étant trop court. « Dans notre jargon, ça devait être un raccordement simple. Sauf que rendu sur place, on a réalisé que le poteau ne convenait pas et qu’il fallait aussi réaliser des travaux d’ingénierie. Ce n’est pas simple », explique Cendrix Bouchard, d’Hydro-Québec. 

M. Pettigrew attend depuis plus de deux mois qu’Hydro-Québec et Bell le raccordent au réseau de distribution d’électricité.

Photo Courtoisie, Stanislas Pettigrew

M. Pettigrew attend depuis plus de deux mois qu’Hydro-Québec et Bell le raccordent au réseau de distribution d’électricité.

Ils se sont donc tournés vers la firme Bell, propriétaire du poteau et des autres installations électriques dans ce secteur, pour qu’elle effectue les travaux rapidement. Bell devait « travailler le plus vite possible », selon Hydro-Québec. 

Or, deux mois plus tard, les travaux n’ont toujours pas eu lieu, malgré la dizaine d’appels passés par M. Pettigrew à Bell et Hydro-Québec. 

« Ça fait presque huit semaines que j’attends, sans électricité. Le temps des sucres arrive ! Comme on a besoin d’électricité 24 heures sur 24, ma seule option, c’est de raccorder une génératrice à mon tracteur diesel. On parle d’au moins 15 000 litres de diesel. Plutôt ironique pour une érablière construite selon des normes environnementales », déplore-t-il. 

« C’est pas une petite érablière pour le fun, c’est mon revenu principal. Ma nouvelle cabane m’a coûté 200 000 $ à construire. » 

Les choses débloquent 

Fort heureusement pour M. Pettigrew, tout semble être en voie d’être réglé. Après les appels du Journal à Hydro-Québec et à Bell, les deux entreprises ont soudainement communiqué avec lui pour l’informer que les travaux auraient lieu aujourd’hui (hier). 

« C’est drôle, je les appelais tous les jours et ça niaisait. J’appelle Le Journal et tout d’un coup les choses débloquent [...] en quelques heures », ironise l’acériculteur. 

Le poteau de Bell 

Du côté de l’entreprise de télécommunication Bell, on assure avoir travaillé de bonne foi afin de résoudre ce problème. « Nous avons reçu les permis requis de la municipalité lundi de la semaine dernière. L’installation (du poteau) est prévue pour le 18 février. Ce projet a été effectué dans les délais normaux pour une installation de ce type », a affirmé une porte-parole de la firme torontoise, Caroline Audet.  

  • Si tout se passe comme prévu du côté de Bell, Hydro-Québec pourrait installer le courant rapidement, a précisé Cendrix Bouchard. M. Pettigrew pourra donc dormir tranquille, à quelques jours du début du temps des sucres.