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La présumée victime d'Éric Salvail malmenée en cour

Claudia Berthiaume | Le Journal de Montréal

L’avocat d’Éric Salvail s’est livré mardi à une attaque en règle envers le plaignant lors d’un contre-interrogatoire serré, où il a accusé celui-ci de «mentir et dire des faussetés pour combler un besoin d’attention».    

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Me Michel Massicotte s’est longuement affairé à miner la crédibilité de Donald Duguay, au palais de justice de Montréal.    

Tantôt calme, tantôt très animé, le criminaliste a bombardé de questions le plaignant de 47 ans dans l’espoir de faire ressortir des contradictions.    

«Laissez le témoin répondre», a dû intervenir le juge Alexandre Dalmau en fin d’après-midi, alors que la victime présumée passait un mauvais quart d’heure.    

M. Duguay en était à son deuxième jour de témoignage au procès d’Éric Salvail.     

L’animateur déchu est accusé d’agression sexuelle, de séquestration et de harcèlement. Les deux hommes ont travaillé au service du courrier de Radio-Canada, entre avril et novembre 1993.    

Mardi, l’avocat de la défense s’est longuement attardé à un événement qui se serait produit dans une salle de bain de la tour du diffuseur public, à Montréal.    

Donald Duguay, Victime alléguée

Photo Chantal Poirier

Donald Duguay, Victime alléguée

Presque violé  

La veille, M. Duguay avait relaté avoir « échappé au viol de presque rien » alors qu’il était seul avec l’accusé de 50 ans.    

L’ex-vedette l’aurait plaqué contre un mur et aurait frotté son pénis sur lui.    

« Il a les culottes au sol, il commence à se masturber. Il se frotte en mimant une action de pénétration entre mes deux fesses », a détaillé M. Duguay.    

Celui-ci aurait toutefois réussi à se défaire de l’emprise de Salvail.    

Me Michel Massicotte a fait remarquer au plaignant qu’il n’avait pas parlé de certains détails auparavant, comme la présence de liquide préséminal sur le sexe de l’accusé.    

Enfin, le criminaliste s’est attaqué aux motivations ayant mené à la plainte criminelle de Donald Duguay en 2017, après un reportage de La Presse sur des inconduites sexuelles reprochées à Salvail.    

Le plaignant a notamment demandé à « faire la bataille à visage découvert ».    

«Vous êtes prêt à mentir et dire des faussetés pour combler un besoin d’attention», a laissé entendre le criminaliste.    

«Du tout», a rétorqué le témoin.    

Courriel vitriolique  

L’avocat de la défense a ensuite lu un long courriel vitriolique que M. Duguay a envoyé à la procureure de la Couronne, Me Amélie Rivard.    

Dans la missive, le plaignant dénonce avec ardeur la lenteur du système judiciaire et remet en question la compétence de l’avocate spécialisée en agression sexuelle ayant 15 ans d’expérience.    

Il a même évoqué la possibilité de déposer une plainte en déontologie contre la procureure, qui semble, selon lui, « se foutre de la gueule de ses témoins » et « faire preuve d’un laxisme éhonté ».     

Salvail, de son côté, écoutait attentivement l’échange entre son avocat et la victime présumée, les mains jointes en prière ou se tenant le menton.    


Le procès se poursuit aujourd'hui