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Opération séduction des restaurateurs asiatiques à Toronto

Agence France-Presse

Touchés par la peur liée au nouveau coronavirus, les restaurateurs asiatiques de Toronto ont décidé d'agir: jusqu'à la fin du mois, ils proposent des promotions et mettent à l'honneur certains de leurs plats emblématiques afin de faire revenir les clients.

Près de 150 restaurants de la métropole canadienne participent ainsi à «Asialicious», une initiative qui vise à «soutenir le secteur» et empêcher certains commerces de «fermer temporairement», explique à l'AFP Catherine Hou, présidente de l'Association culinaire et hôtelière chinoise, qui chapeaute l'événement.

Depuis que le premier cas canadien de coronavirus — parti en décembre de la ville chinoise de Wuhan — a été diagnostiqué à Toronto fin janvier, les restaurants de la ville ont subi entre 30 % et 70 % de pertes de clientèle, dit-elle.

Et comme ailleurs dans le monde, la communauté est depuis régulièrement victime de racisme et de xénophobie, selon elle.

Wuhan Noodle 1950, un restaurant de nouilles chinoises de la région de Toronto, a ainsi été l'objet de nombreux canulars et de harcèlement téléphonique.

«Beaucoup (de restaurateurs) ont exprimé leurs craintes et leurs frustrations. On s'est dit qu'il fallait faire quelque chose», dit-elle.

À Markham, une banlieue de Toronto, les propriétaires du Shanghai Shikumen affirment avoir perdu deux tiers de leurs clients.

«On a dû réduire le nombre d'employés, leur demander de ne venir qu'un jour sur deux», explique Wenwen Liang qui tient le restaurant avec son mari.

Mardi, ils ont reçu le soutien du maire de Markham, Frank Scarpitti.

«Nous avons parmi les meilleurs restaurants chinois de toute l'Amérique du Nord», a-t-il lancé, avant de partager un repas avec les propriétaires.

«Le risque d'attraper le virus est très faible», a-t-il ajouté tout en invitant ses concitoyens à prendre des précautions de base comme se laver les mains.

«Sortez, profitez de la ville de Markham et tout ce que ces beaux restaurants ont à offrir.»

Un credo partagé par Shun Yu, un jeune homme de 24 ans qui ne compte pas arrêter de fréquenter les restaurants chinois.

«Certains sont inquiets, c'est normal, mais il ne faut pas prendre cela comme une excuse pour être raciste envers les Chinois», dit-il, alors qu'il dîne au Shanghai Shikumen. «On doit combattre le virus, pas les Chinois.»

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