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Trudeau sommé de s’expliquer aux provinces

Émilie Bergeron et Vincent Larin | Agence QMI et TVA Nouvelles

Les premiers ministres provinciaux multiplient les signes d’impatience face au gouvernement Trudeau qui n’a pas d’échéance claire pour résoudre la crise des blocus ferroviaires. François Legault est même allé jusqu’à brandir la possibilité d’une intervention policière.   

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Le premier ministre du Québec a évoqué pour la première fois ce scénario, mercredi, en précisant que son gouvernement a eu des discussions avec la Sûreté du Québec.   

«Ce que je compte défendre [...], c’est de demander à M. Trudeau de fixer un échéancier et qu’on dise aux manifestants que, si [les barrages ne sont] pas défaits à tel moment, bien, il va falloir agir», a-t-il martelé.   

M. Legault réclame, de concert avec ses homologues des autres provinces, une téléconférence d’urgence avec le premier ministre Trudeau pour trouver une solution à l’impasse, et cela, dès jeudi.   

Le pays sous tensions   

La pression a encore monté d’un cran, mercredi, sur le gouvernement fédéral afin qu’il trouve une solution à la crise des blocus autochtones qui paralysent les rails du pays depuis maintenant deux semaines.   

• Le gouvernement Trudeau n'a toujours pas rencontré en personne les chefs héréditaires Wet'suwet'en afin de dénouer l’impasse. Une source libérale a toutefois indiqué qu’une première réunion pourrait avoir lieu jeudi avec la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.   

• Pendant ce temps, VIA Rail a annoncé le licenciement temporaire de près de 1000 employés à compter du 4 mars, en raison des blocus. L'Union des producteurs agricole a ajouté au concert d’inquiétudes en soutenant «qu’une crise agricole est à nos portes».   

• De nouveaux barrages ont été érigés par des manifestants sur des rails, dont à Saint-Lambert, en banlieue de Montréal, paralysant les trains d'exo qui assurent le service sur la ligne Mont-Saint-Hilaire.   

• Parallèlement, cinq chefs héréditaires Wet'suwet'en se rendraient vers l’Ontario et le Québec, selon CTV, pour rencontrer des communautés derrière des blocus, soit les Mohawks de Tyendinaga et ceux de Kahnawake.   

Face à l’impatience de M. Legault, des leaders autochtones craignent toutefois de plus en plus des dérapages, comme durant la crise d’Oka.   

«Je crois qu’il fait une grave erreur», a tonné le grand chef de Kanesatake, Serge Simon, en invitant François Legault à faire attention à ses propos et à «apprendre des leçons du passé». M. Simon avait appelé à la fin des blocus le temps de laisser la chance aux pourparlers avec le fédéral, mais s’est rétracté mercredi après avoir affronté une levée de boucliers dans sa communauté.   

Apprendre du passé  

L’Assemblée de Première Nations Québec-Labrador (APNQL) a réitéré dans un communiqué mercredi soir vouloir «laisser le processus politique suivre son cours». Elle a du même coût demandé au gouvernement de «se mettre en mode solution, plutôt que de suggérer des actions qui risquent d’empirer la situation».  

«Il est totalement irresponsable de suggérer le recours à une intervention policière pour mettre fin à la crise», a déclaré le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, citant au passage l’intervention de la Sûreté du Québec dans les années 1990.  

«Trente ans plus tard, nous nous retrouvons devant un problème qui demeure entier», poursuit-il.  

Si elle dit être favorable à une possible médiation, solution qu’elle juge comme étant «la meilleure proposition dans les circonstances», l’APNQL prévient le gouvernement contre l’intervention des policiers «qui pourrait très potentiellement avoir un effet contraire à ce qui est souhaité».  

- Avec la collaboration de Guillaume St-Pierre, Journal de Québec   

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