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Bagarres dans la LHJMQ: statu quo

Roby St-Gelais | Journal de Québec

Malgré la volonté politique d’éliminer les bagarres dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), les propriétaires des équipes ont été incapables de voter sur la question, jeudi.

Réunis dans un hôtel de Dorval dans le cadre de l’assemblée des membres, les propriétaires et les présidents des 18 franchises du hockey junior québécois ont eu de vives discussions sur l’épineux dossier des bagarres, mais au final, le statu quo a été privilégié jusqu’à la prochaine réunion prévue en juin en marge des assises.

Au sortir de la réunion, le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, estimait avoir été témoin de «très bonnes discussions» tout en reconnaissant que l’enjeu avait soulevé plusieurs questions de la part des équipes. Les divergences d’opinions autour de la table retardent le processus pour le moment.

«C’est un point très sensible. Les propriétaires voulaient comprendre. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend à la légère et on fait un travail continu dans ce dossier pour s’assurer qu’on arrive à prendre la décision appropriée pour la sécurité des joueurs.

«Il y a plusieurs éléments qui entrent en ligne de compte. Il y a plusieurs questions qui ont été soulevées, la position de nos partenaires dans les autres ligues (OHL et WHL) et il faut prendre en considération que les propriétaires qui se réunissent ne sont pas à la fine pointe de la règlementation entourant les bagarres. On n’avait pas eu l’opportunité de rentrer aussi profondément dans la réglementation, d’expliquer certaines des conséquences de commotions cérébrales», a réagi le commissaire dans une mêlée de presse courue.

La question de l’élimination des bagarres dans le circuit Courteau par l’adoption de mesures coercitives était sur toutes les tribunes depuis quelques jours. Au plus tard, de nouveaux règlements pourraient être votés en août 2020 lors de la rencontre annuelle sur la modification des règles de jeu si la proposition obtient est entérinée par deux tiers des membres.

«Il n’y avait rien qui nous tenait à prendre une décision aujourd’hui [jeudi]. Il n’y avait aucune urgence à voter aujourd’hui», a répété le commissaire à plusieurs reprises.

Tanguay déçu

Instigateur de la proposition pour enrayer les bagarres au hockey junior, le président des Remparts de Québec, Jacques Tanguay, cachait mal sa déception après avoir entendu les débats.

«Oui, certainement que je suis déçu, mais nous sommes 18 équipes et il y a encore du travail à faire. Il y a toujours de l’avancement et des discussions, mais ils ne sont pas prêts à prendre une décision. Il reste encore beaucoup de sensibilisation à faire. Il faut donner les bonnes raisons pour lesquelles on veut que ça change», a-t-il plaidé.

La sécurité des joueurs a d’ailleurs été évoquée à de multiples reprises au cours de la rencontre. À la lumière des propos d’intervenants du circuit qui ont circulé dans les derniers jours, il semble clair que certains craignent que les joueurs vedettes soient pris en grippe avec une politique plus stricte.

«La discussion a été enrichissante. Il y a plusieurs points de vue, c’est intéressant, et c’est un changement de culture important. Ça prendra le temps d’arriver et je suis convaincu qu’il aboutira de bonnes choses à la suite de cela», a reconnu Ronald Thibault, coactionnaire chez le Phoenix de Sherbrooke.

En baisse

Les bagarres sont en constante diminution sur les patinoires de la LHJMQ depuis une dizaine d’années. De 0,91 combat par match en 2007-2008, la moyenne se situe à 0,25 depuis le début de la présente saison.

«On a fait beaucoup de progrès au fil des années dans cet aspect avec des règlementations plus serrées. Il y a encore place à amélioration et on a pris le temps d’en discuter», a rappelé Courteau.

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