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L'injonction remise aux manifestants du blocus de Saint-Lambert

Vincent Larin | Agence QMI

L’injonction qu’a obtenu le Canadien National (CN) jeudi a enfin pu être remise en début de soirée aux manifestants qui bloquent les rails à Saint-Lambert.   

Aucune intervention policière n’est prévue pour le moment. Les autorités vont laisser les manifestants prendre acte de l’injonction. 

Le huissier qui remis l'injonction était accompagné d’une dizaine de policiers de la Ville de Longueuil. Une trentaine de personnes se trouvent toujours sur place. 

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Legault demande le démantèlement

Jeudi matin, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit s’attendre à ce que le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) intervienne pour démanteler le blocus installé mercredi après-midi, et ce dès l’obtention de cette injonction par le CN.   

«C’est sur un territoire qui est québécois, ce n’est pas sur un territoire qui appartient aux autochtones», a-t-il fait valoir en point de presse à l’Assemblée nationale jeudi.   

Il revient plutôt aux Peacekeepers (la police autochtone de Kahnawake) d’appliquer les injonctions sur le territoire de Kahnawake, où un autre blocus a toujours lieu, a-t-il ajouté en expliquant pourquoi son gouvernement ne réclamait pas également une intervention policière à cet endroit.   

Jeudi matin, des manifestants bloquaient toujours les voies ferrées à Saint-Lambert pour signifier leur solidarité avec les revendications de la nation autochtone Wet’suwet’en, qui refuse le passage du gazoduc Coastal GasLink sur leur territoire, en Colombie-Britannique.   

«APPEL AUX RENFORTS. REJOIGNEZ-NOUS EN GRAND NOMBRE. Nous n'avons pas encore reçu d'injonction. Mais lorsqu'elle arrivera, le gouvernement annonce que l'opération policière sera imminente. Ça risque d'arriver aujourd'hui. Venez en grand nombre!» ont-ils fait savoir sur Twitter.   

À la demande du Parti libéral du Québec et du Parti québécois, les députés de l’Assemblée nationale devaient tenir un débat d’urgence sur la crise du blocage des lignes ferroviaires jeudi.   

De toute évidence, François Legault n’a pas été en mesure de convaincre ses vis-à-vis des autres provinces de faire intervenir les forces de l’ordre si la crise perdure, lors d’une rencontre téléphonique entre tous les membres du Conseil de la fédération.   

«Il y a beaucoup de premiers ministres des autres provinces qui étaient d’accord avec un échéancier, puis éventuellement si l’échéancier n’est pas respecté, qu’on fasse intervenir la police. [Mais] ce n’était pas unanime», a-t-il indiqué jeudi.   

Les premiers ministres de toutes les provinces et territoires ont toutefois exigé d’une même voix de pouvoir parler avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Une autre rencontre téléphonique devrait donc avoir lieu en soirée, jeudi.   

«M. Trudeau a dit qu’il avait un plan. On voudrait savoir c’est quoi ce plan-là, puis c’est quoi l’échéancier. Parce qu’à chaque jour qui passe il y a des centaines de millions de pertes de dollars pour l’économie canadienne», a-t-il expliqué. 

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