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«Farfelu. Il n’y a jamais eu d’attaque», soutient Salvail

TVA Nouvelles

Le contre-interrogatoire de l’animateur déchu et producteur télé Éric Salvail s’est terminé jeudi en fin d’après-midi au terme d’une quatrième journée de procès. L’accusé était de retour à la barre pour une deuxième journée, jeudi matin, afin de répondre aux questions de la Couronne.                      

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Dès le début de l’audience, jeudi, Éric Salvail a nié en bloc les allégations du plaignant, Donald Duguay. Interrogé par son avocat, l’ex-animateur a soutenu que «le nom de Donald Duguay ne [lui] disait rien».   

Lorsque les policiers lui ont présenté une photo de la présumée victime datant de 1993, Éric Salvail a admis que «son visage [lui] disait quelque chose, mais [il] n’aurait pas pu dire qu’il travaillait avec [lui]».  

Il a également assuré qu’«il n’y a jamais eu d’attaque» après avoir qualifié l’allégation de «farfelue».   

L’avocat d’Éric Salvail, Michel Massicotte, a mis environ 30 minutes pour terminer l’interrogatoire de son client.   

  

La Couronne a ensuite entamé le contre-interrogatoire de l’ancien animateur et producteur télé.   

La poursuite a soutenu qu’Éric Salvail avait toujours un lien d’emploi avec Radio-Canada après le mois d’août 1993 en raison de son travail d’animateur de foule pour l’émission «L’Enfer, c’est nous autres». L’accusé a admis les dires de la procureure.               

L’ex-animateur avait affirmé plus tôt qu’il ne travaillait plus pour Radio-Canada au moment où les gestes qui lui sont reprochés auraient été posés.   

La Couronne a demandé à Éric Salvail s’il a souvent répété la phrase: «Tu as de belles fesses». «C’est quelque chose que j’ai pu dire, mais pas souvent, ni en courant dans le corridor après quelqu’un», a fait valoir l’ancien animateur.           

Il a jouté que ce genre de commentaire faisait «partie de [son] humour».   

Ce dernier a ensuite été questionné sur ce qu’il considère être une agression sexuelle.   

«Une tape sur les fesses envers quelqu’un que je connais n’est pas, pour moi, une agression sexuelle. Ça devient problématique si c’est quelqu’un qu’on ne connaît pas», a notamment expliqué Éric Salvail.   

La suite du procès aura lieu le 11 mars prochain.  

Déroulement de la journée  

  

Éric Salvail a nié en bloc les allégations de Donald Duguay.   

«Le nom de Donald Duguay ne me disait rien. Les policiers m’ont présenté une photo de lui en 1993. Son visage me disait quelque chose, mais je n’aurais pas pu dire qu’il travaillait avec moi», a soutenu l’accusé à son avocat qui l’interroge.                     

«Je ne me rappelle pas d’avoir dit à Donald Duguay des commentaires désobligeants et/ou à caractère sexuel. Mais, je ne peux pas dire qu’il n’y en a pas eus», avoue Salvail.                    

Son avocat lui parle de possibles gestes et commentaires déplacés en juillet et août 1993. «En juillet et août, je ne suis pas à Radio-Canada l’après-midi et très peu de temps en matinée», soutient-il.       

Jamais touché à cette personne                  

Questionné à propos de l’allégation d’agression sexuelle dans les toilettes de Radio-Canada en octobre 1993, Salvail répond: «Farfelu». «Il n’y a jamais eu d’attaque», ajoute l’accusé.                   

«Premièrement, je n’aurais jamais touché à cette personne. Deuxièmement, je ne travaillais plus à Radio-Canada. J’avais une vie professionnelle, une vie amicale et une amoureuse», appuie-t-il.                   

Quant à l’incident survenu pendant un enregistrement de «La petite vie», à Radio-Canada, et raconté par Donald Duguay, Éric Salvail dit ne pas s’en souvenir.                  

Michel Massicotte a mis quelque 30 minutes à terminer l’interrogatoire de son client.                  

Contre-interrogatoire               

Au tour de la poursuite de contre-interroger le témoin.                   

La procureure de la Couronne indique à Éric Salvail qu’il a reçu des chèques de remboursement de paye de Radio-Canada datés de septembre et octobre 1993.                  

Éric Salvail dit être retourné à Radio-Canada probablement sept ou huit fois dans cet édifice après sa cessation d’emploi, en août 1993. Il affirme qu’il allait au guichet de la Caisse (dans la tour de Radio-Canada) ou à des réunions.                 

La Couronne demande à Éric Salvail à quel moment il a amorcé sa collaboration avec Julie Snyder à l’émission L’Enfer, c’est nous autres. Il répond: «Juin 1993» et il soutient avoir eu une ou deux rencontres avec elle à Radio-Canada.                

La poursuite affirme qu’Éric Salvail avait toujours un lien d’emploi avec Radio-Canada après le mois d’août 1993 en raison de son travail d’animateur de foule pour l’émission L’Enfer, c’est nous autres. L’accusé admet les dires de la procureure.              

Toujours en contre-interrogatoire, l’accusé relate que ça se passait bien au niveau de la distribution du courrier avec les charriots. Il ajoute que ça se passait bien de façon générale avec ses collègues. Il ne se souvient pas avoir eu des conflits.             

«Ça peut faire partie de mon humour»            

«Je n’ai aucun souvenir d’avoir côtoyé Donald Duguay à Radio-Canada. Quand on m’a présenté sa photo, son visage me disait quelque chose, mais je n’aurais pas pu l’associer à un emploi», dit Éric Salvail.             

«Je n’ai pas souvenir d’avoir fait des remarques sur les fesses de Donald Duguay, mais je ne l’exclus pas. Ça peut faire partie de mon humour. Je ne me souviens pas de l’avoir flirté», précise l’accusé.            

La Couronne demande à Éric Salvail s’il a souvent répété la phrase: «Tu as de belles fesses». «C’est quelque chose que j’ai pu dire, mais pas souvent ni en courant dans le corridor après quelqu’un», fait valoir l’ancien animateur.           

«Il y a une ligne à ne pas franchir entre des commentaires pour s’amuser et le harcèlement. J’ai toujours respecté la ligne», précise Éric Salvail à la Couronne.           

«Je ne pense pas que dans un bureau de comptables, les gens se disent tu as une nouvelle robe, ça te fait des beaux seins. Nous oui, ça peut arriver. On travaille avec les mêmes équipes, on devient proche. C’est de l’humour», se défend Salvail.           

Pas l'intention de blesser        

La Couronne questionne Éric Salvail sur sa publication Facebook dans la foulée des allégations de 2017. «C’était un tsunami dans ma vie à ce moment-là.» Il ajoute avoir eu «l’aide d’une firme en gestion de crise afin d'écrire son texte» sur les médias sociaux.           

Éric Salvail dit s’être toujours couché le soir la tête tranquille en lien avec ses propos. «Mes propos ont toujours été dans l’humour, bon enfant. J’aime provoquer des malaises, ça s’arrête là», appuie-t-il.          

«Les gens m’ont déjà dit, ça suffit les jokes. Je m’arrêtais en disant ok. Je n’avais pas conscience que ça pouvait les blesser. Pour moi, il y a une ligne entre l’humour et ce qui est offensant pour quelqu’un.»         

«Je n’avais aucunement l’intention de blesser, d’offenser. Mes commentaires se voulaient drôles. Est-ce que c’était brillant de ma part ces jokes, pas toujours», indique Salvail en lien avec les allégations de 2017.        

Éric Salvail affirme avoir consulté un psychologue après la publication des allégations en 2017. «Je consulte encore», lâche-t-il.        

«Je m'en serais souvenu»     

Lors de la reprise du contre-interrogatoire, jeudi après-midi, l'ex-animateur a soutenu qu'il se souviendrait d'avoir commis une agression.      

«Je n’agresse pas les gens dans la vie et je n’ai pas agressé Donald Duguay. Je m’en serais souvenu», a-t-il affirmé.      

«Une tape sur les fesses envers quelqu’un que je connais n’est pas, pour moi, une agression sexuelle. Ça devient problématique si c’est quelqu’un qu’on ne connaît pas», a poursuivi Éric Salvail.      

Un peu plus tard, la Couronne a questionné l’accusé sur sa perception d’une agression sexuelle. «Pour vous, c’est quoi une agression sexuelle?», lui a-t-on demandé.     

«C’est à partir du moment où la personne est inconfortable», a répondu la vedette.     

«Le fait de montrer votre pénis, est-ce un geste d’agression ?», a poursuivi la Couronne.    

«C’est de l’exhibitionnisme», a affirmé Éric Salvail.    

La Couronne a ensuite enchaîné avec une autre question. «Si vous approchez votre pénis de quelqu’un, est une agression», a-t-elle demandé.    

«C’est de l’exhibitionnisme. Une agression sexuelle, c’est avec contact», a dit Éric Salvail.    

La Couronne a terminé son contre-interrogatoire en fin d'après-midi jeudi. La suite du procès de l’ex-animateur aura lieu le 11 mars prochain.    

Tests polygraphiques                     

Mercredi, Éric Salvail a expliqué qu’il avait eu vent de la possibilité d'accusations contre lui en mai 2018. À ce moment, il a aussitôt contacté un avocat, Me Michel Massicotte, et aurait rencontré des policiers en septembre 2018.                               

L’accusé a affirmé que dès qu’il a su qu’il ferait possiblement face à des accusations, il prend la décision d’aller passer des tests polygraphiques et a organisé une rencontre avec la police afin de donner sa version des faits.                           

Éric Salvail a affirmé avoir passé des tests polygraphiques les 9 et 10 octobre 2018.                               

Des agendas bien remplis                            

Au cours de ces procédures, l'ex-animateur affirme avoir fait parvenir ses agendas datant de 1991 à 2004 à la police via son avocat. Ce dernier les conservait dans une boite dans un entrepôt de Longueuil, une information qui aurait fait sourciller le juge.                            

L’avocat de Salvail stipule que son client remplissait de façon quotidienne ses agendas avec mentions de toutes sortes.                           

«Je notais tout, les soupers, les week-ends, téléphones, adresses, rencontres, vacances, lieu de travail et même l’épicerie» a expliqué Salvail lors de son témoignage.                         

Le juge a demandé à Éric Salvail s’il aurait besoin de consulter ses agendas pour se souvenir d’un événement datant de 1993, faisait allusion implicitement à l'agression alléguée envers Donald Duguay.                             

«À moins que l’événement soit marquant, normalement, j’aurais besoin de regarder l’agenda» répond l’accusé.                           

Le procès d’Éric Salvail est commencé de puis lundi. Cinq témoins ont été appelés à la barre, dont Donald Duguay, la présumée victime de 46 ans.