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Iannicko N'Doua, l'acteur derrière le caïd Carlo

Daniel Daignault | Agence QMI

Dominick Gravel/Agence QMI

C’est avec un grand plaisir que Iannicko N’Doua interprète le redoutable Carlo dans la série «Fugueuse». Un homme implacable pour qui l’argent et le pouvoir font loi. Pour ce comédien qui exerce son métier depuis plusieurs années, ce rôle sera assurément un des plus marquants de sa carrière. 

Iannicko, comment avez-vous réagi quand vous avez appris que vous reprendriez votre rôle dans la deuxième saison de «Fugueuse»? 

Quand je lisais les textes, je me disais: «Oh yeah! Des retrouvailles avec Damien, Natacha, Fanny...» J’étais heureux d’avoir l’occasion de jouer des scènes avec des personnages de la première saison. Et c’étaient de bonnes scènes, parce qu’ils avaient déjà un passé ensemble. J’étais très content de les retrouver, et dans un contexte particulier en plus. Par exemple, Carlo n’avait pas vu Damien depuis quatre ans, et ce dernier lui devait toujours de l’argent; comme mon personnage est un «businessman» implacable, si on lui doit quelque chose, on le lui doit tant que ce n’est pas réglé... J’ai eu beaucoup de plaisir à l’interpréter de nouveau. 

Le public doit beaucoup vous parler de Carlo. 

Pendant la diffusion de la première saison, j’étais à l’extérieur du pays pour un mois, mais quand je suis revenu, j’ai senti le regard des gens. Des dames faisaient le saut lorsqu’elles me reconnaissaient. Comme je prends régulièrement les transports en commun, il m’est arrivé souvent de me faire reconnaître. 

Est-ce le rôle le plus important que vous avez interprété jusqu’à présent? 

Je dirais que c’est celui qui a le plus marqué le public, qui a eu le plus d’effet sur les gens en raison de la nature même du rôle. Carlo est un personnage fort qui ne laisse personne indifférent. C’était une belle proposition qui m’a amené beaucoup de plaisir. Sinon, il y a des trucs intéressants que j’ai faits par le passé dans des séries jeunesse (notamment «L’appart du 5e», «Kaboum» et «Subito texto», NDLR). C’était donc dans un tout autre registre, mais les jeunes m’en parlaient beaucoup. 

D’ailleurs, vous avez fait vos débuts dans «Les aventures de la courte échelle», en 1997... 

Oui, c’est vrai. Je devais avoir à peine plus d’une dizaine d’années; j’ai commencé très jeune. 

Comment avez-vous fait votre entrée dans l’univers de «Fugueuse»? 

On m’a proposé ce rôle peu avant les premières dates de tournage. En fait, j’avais passé une audition pour celui de Damien, et ça n’avait pas fonctionné. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard que j’ai appris qu’on m’offrait le rôle de Carlo. 

Saviez-vous un peu quel genre de gars il était? 

Non, j’ignorais tout de lui, car je n’avais rien lu à son sujet. Je ne savais pas ce qu’il faisait. J’ai reçu les textes et j’ai commencé à tourner dans les semaines suivantes. J’ai donc découvert Carlo au fur et à mesure des tournages, parce que les épisodes n’étaient pas tous écrits encore. 

Comment avez-vous construit le personnage? 

Je n’ai pas eu le temps de faire de recherches sur le milieu dans lequel il évoluait. Je me suis inspiré des gens et des énergies que je vois dans la rue, mais ce n’était pas spécifiquement lié à l’exploitation de filles. Je me suis concentré sur l’idée de jouer un personnage qui en mène large, qui a de l’ascendant sur les gens et qui sait les utiliser et les contrôler pour arriver à ses fins et à s’enrichir. Carlo est sournois; c’est difficile de bien le connaître. 

Quand il a été question d’une suite, saviez-vous s’il allait être de retour? 

Non, je ne le savais pas. Par contre, beaucoup de gens autour de moi me disaient qu’il fallait qu’il le soit, parce qu’il s’en était sorti indemne à la fin de la première saison, et ça avait fait réagir le public. Damien se faisait emprisonner, mais Carlo, lui, s’en tirait: il était encore au sommet de la pyramide, à contrôler les personnes qui évoluaient en dessous de lui. Dans la première saison, les choses avaient été établies, je savais comment la série et mon personnage avaient été reçus. Le public savait quelles étaient les intentions de Carlo. 

Avez-vous obtenu d’autres rôles après avoir incarné Carlo? 

Oui, j’ai continué à participer à d’autres projets, comme c’est le cas depuis les 10 ou 20 dernières années. Je répète en ce moment la pièce «Atteintes à sa vie», qui sera présentée à l’Usine C du 24 mars au 4 avril. Ça traite de la cruauté dans les rapports humains. On parle d’un personnage qui est absent, Anna, à travers les narrateurs sur scène qui parlent d’elle, dans différents tableaux. J’ai aussi tourné cet automne dans la deuxième saison de «File d’attente» (Tou.tv), et j’ai aussi joué un nouveau personnage dans «Clash» (Vrak). 

Avez-vous l’occasion de voyager pour votre travail? 

Oui, je suis allé deux mois à Genève, en mars et avril 2019. J’y ai joué dans une pièce qui a pour titre «La traversée des continents». C’est une coproduction du Mali, de Montréal, de la Suisse et du Mexique. Ç’a d’abord été créé à Montréal, puis nous avons joué en Suisse. Ç’a été cool de vivre durant deux mois là-bas. La version québécoise sera présentée à la Maison Théâtre à la mi-avril. 

Mis à part le travail, quels sont vos passe-temps? 

Je fais du snowboard depuis un peu plus de six ans. Je suis d’ailleurs allé faire un tour à Whistler en décembre. C’était le fun de faire les différentes montagnes du Québec, mais là je commence à avoir envie de quelque chose d’un peu plus large. D’ici la fin de l’hiver, j’aimerais bien avoir la chance d’aller au mont Saint-Anne et au Massif de Charlevoix. 

Suivez Iannicko dans «Fugueuse la suite», le lundi à 21 h, à TVA.  

L’acteur jouera dans la pièce «Atteintes à sa vie», considérée comme le chef-d’oeuvre de l’auteur Martin Crimp, qui tiendra l’affiche du 24 mars au 4 avril, à L’Usine C (usine-c.com).