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Jusqu’à 1,4 milliard $ investi dans les avions A220 en 2020

Sylvain Larocque - Le Journal de Montréal

GEN - VISITE DE FRANÇOIS LEGAULT AUX INSTALATIONS DE AIRBUS CANADA

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTR

Airbus prévoit cette année des investissements de 500 millions à un milliard d’euros, soit de 700 millions $ à 1,4 milliard $ CA, dans l’A220, le programme d’avions auparavant connu sous le nom de C Series.  

C’est ce qu’a indiqué le grand patron d’Airbus, Guillaume Faury, de passage hier à Mirabel, où sont assemblés les appareils A220. Une autre usine est actuellement en construction à Mobile, en Alabama.  

L’avionneur pourrait toutefois ne pas avoir à réinvestir beaucoup de ses propres fonds dans la coentreprise qui chapeaute l’A220.  

Depuis la semaine dernière, Airbus et le gouvernement du Québec sont seuls à bord de la coentreprise, baptisée Airbus Canada. Le géant européen a versé près de 600 millions $ US à Bombardier pour racheter sa participation de 34 %.  

Airbus détient désormais 75 % de la coentreprise, contre 25 % pour Québec.  

La nouvelle mouture de la coentreprise a la capacité d’emprunter jusqu’à 1,5 milliard $ US (2 milliards $ CA) sur les marchés, de quoi financer les investissements requis pour que l’A220 atteigne sa vitesse de croisière. Le programme pourrait perdre de l’argent jusqu’en 2025, selon Airbus.  

« À partir de maintenant, la coentreprise financera tout », a déclaré aux analystes le chef de la direction financière d’Airbus, Dominik Asam, la semaine dernière.  

Garanties d’Airbus et de Québec  

Airbus et Québec garantiront tous les deux les dettes de la coentreprise.    

Jusqu’ici, c’est principalement Bombardier qui finançait les pertes de l’A220. L’entreprise a injecté pas moins de 739 millions $ US (980 millions $ CA) dans le programme, de juillet 2018 à janvier 2020. Auparavant, elle avait déboursé au moins 6 milliards $ US pour développer la C Series.  

La multinationale québécoise prévoyait devoir investir 700 millions $ US de plus dans l’A220 au cours des prochaines années, mais elle n’aura pas à le faire maintenant qu’elle a vendu sa participation dans la coentreprise.  

En 2017, Bombardier soutenait que la C Series allait atteindre le seuil de rentabilité en 2020, mais la « courbe d’apprentissage » a été plus abrupte que prévu.  

Dominik Asam a noté qu’Airbus pourrait toujours choisir d’éponger les pertes de l’A220 à même ses liquidités. Mais que l’entreprise puise dans ses coffres ou choisisse d’endetter la coentreprise, les éléments comptables de l’A220 figureront aux états financiers et au bilan d’Airbus, a-t-il précisé.  

– Avec la collaboration de Pierre-Olivier Zappa, TVA Nouvelles 

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