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Les victimes collatérales des blocus s'inquiètent

TVA Nouvelles

L'inquiétude est palpable chez certains entrepreneurs et agriculteurs de l’Estrie.

C'est le cas dans une boulangerie de Sherbrooke et chez un éleveur de volailles de Magog, entre autres. Les entrepreneurs craignent une pénurie de propane et de farine en raison des retards de livraisons qu’occasionnent les blocus ferroviaires partout au pays.

Avec une réserve de propane de cinq jours, Jacques Lamontagne s'inquiète pour ses milliers de poussins.

«Il faut qu'on ait une sécurité d'approvisionnement dans les prochains jours», dit-il.

Les poussins ont besoin de chaleur pour leur développement et leur environnement doit être maintenu à une température moyenne de 90 degrés Fahrenheit.

Si les conditions ne sont pas optimales dans la grange, les oisillons pourraient subir des torts irréparables.

 «On peut pas faire ça parce que mes poulets vont attraper la grippe, puis ils vont avoir plein de maux, de maladies», précise l’éleveur de volailles.

Luc Fortier vit une situation similaire à la Boulangerie Georges. Mais il est plutôt confronté à une pénurie de farine qui menace sa production. Il n’a jamais été témoin d’une situation comme celle-ci en plus de 40 ans, dit-il.

«C'est toujours inquiétant. Là, on est approvisionné cette semaine; c'est rentré tel que prévu, les quantités prévues. Alors, on n'a pas lieu de s'alarmer pour les prochains jours», se rassure le président.

Toutefois, le blé et la farine qu’il utilise arrivent par train de l'Ouest canadien. Pour l'instant, les dirigeants sont devant l'inconnu. 

«Arrêter l'entreprise comme telle, devoir fermer les portes en manque d'approvisionnement de matières premières, c'est pour nous autres inconcevable», se désole M. Fortier.

Le lieutenant politique des conservateurs au Québec Alain Rayes ne décolère pas.

«Et si rien ne se passe à court terme, ça risque d'être une catastrophe au niveau économique. Je dirais que ce qui se rajoute en plus, c'est les actions mêmes des citoyens. Donc, on sent de la colère chez certains citoyens», mentionne le député de Richmond-Arthabaska.