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Simon Boulerice, les deux pieds dans l'enfance

Sabin Desmeules | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

Alors que Simon Boulerice vient de faire son deuil de la paternité, il a plein d'enfants dans sa vie, des milliers de petits lecteurs! L'auteur ira à leur rencontre pour les convaincre qu'un livre peut changer une vie.

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On voudrait tous être l’ami de l’auteur Simon Boulerice, lui qui a été porte-parole du Salon du livre jeunesse de Longueuil qui s'est tenu du 14 au 16 février.

«Je suis très conscient que peu d’auteurs ont la tribune que j’ai, donc j’en profite et je la chéris. Je sais que c’est précieux. Alors quand on me propose d’être porte-parole, je saute sur l’occasion. Dans ce cas-ci, on célèbre le livre jeunesse, qui peut changer et peut-être même sauver des vies!»

Pour quelqu’un qui se dit très sauvage, Simon prend plaisir à participer à ce genre d’événement, où il reçoit plein d’amour! 

«Je suis plein de paradoxes. Un de mes plus grands, c’est que, même si je suis vraiment casanier, j’aime aller à la rencontre de mes lecteurs. Ce sont des gens que je n’ai pas à charmer. Je n’aime pas essayer de plaire aux gens. Parfois, je me revois enfant: j’en ai fait, des déclarations d’amour à des écrivains!»

Il n’est pas ardu pour le Simon adulte d’aller puiser dans le Simon enfant. Au contraire! 

«J’ai mon enfance à fleur de peau. Je n’ai pas à chercher très loin. Elle est à la surface. J’ai une mémoire assez phénoménale de toute mon enfance et de mon adolescence, alors que j’oublie ce que j’ai fait la semaine passée! J’ai enregistré beaucoup de choses quand j’étais jeune, parce que j’étais peu dans l’action et plus dans la contemplation... ce qui n’est plus le cas aujourd’hui!»

Le deuil de la paternité

L’émerveillement propre aux enfants demeure pour lui toujours intact. «Ça me sert à tout moment, dans ma légèreté comme dans certaines lourdeurs de la vie. Je suis capable d’être impressionné par le talent, par la nourriture, par des lieux, par la sincérité, par les oeuvres... Et les enfants le sentent bien. En ce moment, je vais dans les écoles et, à la fin de la présentation, ça arrive souvent que les enfants se jettent dans mes bras. 

D’ailleurs, je suis enrhumé depuis quelques jours et j’ai dit à mon chum: ¨Pourquoi je suis encore malade?! Je suis tout le temps malade!¨ Et il m’a répondu en riant: ¨Simon, les enfants passent leur temps à se jeter dans tes bras!¨»

C’est le prix de l’amour. «C’est un beau prix à payer.»

Simon adore les enfants! Maintenant qu’il est en couple depuis trois ans avec un bel ingénieur, songe-t-il à fonder une famille? 

«J’ai voulu des enfants pendant très, très longtemps! Je dirais même que je ne voyais pas ma vie sans faire d’enfants, admet-il. Mais mon chum n’en veut pas. Alors j’ai appris à faire mon deuil petit à petit. Ç’a été douloureux, mais je suis rendu à un moment de mon existence où j’envisage très bien ma vie sans enfants. Je pense que ce qui était tellement nécessaire pour moi, c’était l’idée de la transmission. Et j’ai réalisé que je pouvais transmettre des choses à travers les livres, les histoires que je partage et les valeurs que j’y véhicule.»

Entre mascottes et diversité

L’auteur travaille en ce moment sur un livre, «Pleurer au fond des mascottes», qui verra le jour en septembre aux Éditions Québec Amérique. «On ne voit jamais comment va la personne qui se cache sous la grosse fourrure d’une mascotte. C’est comme un sourire, qui peut receler tellement d’autres choses! Dans ce roman, j’essaie de retirer le vernis et d’aller sous la blessure que peut représenter le sourire, qui est une forme de protection.»

Simon a lui-même déjà été mascotte. 

«J’ai été mascotte pour plein d’événements. Quand je suis rentré à l’UDA, j’étais encore à l’école de théâtre, et je faisais des contrats de mascottes pour Loto-Québec. C’est quand même un peu absurde de penser que l’auteur en moi ne pouvait pas parler!»

Par ailleurs, l’écrivain prône souvent la diversité. Dans «Au beau débarras: la mitaine perdue», le dernier album qu’il a publié l’automne dernier, il y a des enfants d’origines diverses, de même qu’un personnage non binaire. «Je me suis donné la liberté, dans un album pour enfants, d’avoir un personnage qui ne s’identifie ni aux garçons ni aux filles. On vit à une belle époque!»

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