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Vol de données: tous les enseignants sont à risque

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Les données personnelles de 51 400 enseignants ont été dérobées, et celles de tous les autres sont à risque d’être tombées aux mains de malfaiteurs. 

Une récente perquisition de la Sûreté du Québec (SQ) a permis au gouvernement du Québec d’identifier la base de données utilisée dans la vague de fraudes ciblant des enseignants survenue au printemps 2018.     

À cette époque, de nombreux enseignants ont vu des fraudeurs utiliser leurs renseignements personnels pour obtenir des cartes de crédit, des marges de crédit, des contrats de téléphonie ou encore l’accès à Internet en leur nom. Deux Montréalais ont été arrêtés dans ce dossier.    

« L’enquête a permis de découvrir qu’une ou des organisations criminelles utilisent les informations des identités volées afin de commettre des fraudes un peu partout au Québec », affirmait la SQ.     

Mais le ministère de l’Éducation n’avait toujours pas pu découvrir la base de données utilisée par les malfaiteurs. La récente perquisition a permis aux policiers de la SQ de mettre la main sur une clé USB contenant le numéro d’assurance sociale, les noms et prénoms ainsi que la date de naissance de 51 400 enseignants ou ex-enseignants.     

« Dès que le gouvernement a été informé de ça, on a été capable de faire le lien avec le système en cause », explique un porte-parole du gouvernement, Antoine Tousignant.    

Grâce à un simple code d’utilisateur et un mot de passe, les pirates informatiques ont accédé à la base de données du ministère de l’Éducation servant à déterminer la classification scolaire des enseignants au Québec.    

360 000 victimes potentielles   

Ainsi, en plus de données contenues sur la clé USB, les informations personnelles de l’ensemble des enseignants actuels et retraités pourraient être tombées aux mains de fraudeurs. Au total, 360 000 personnes sont à risque. « [Ça touche le] niveau primaire, secondaire, collégial, public et privé », dit Antoine Tousignant.     

Malgré cela, Québec estime que la sécurité de ses systèmes informatiques n’est pas remise en cause, « puisque le vol aurait été réalisé à partir d’une utilisation frauduleuse d’un mot de passe et d’un code d’accès ».    

M. Tousignant assure qu’un plan de protection des consommateurs sera offert aux personnes concernées, aux frais du gouvernement. Les enseignants touchés recevront bientôt une lettre à cet effet.     

De plus, de nombreux Québécois bénéficient déjà d’un plan de protection à la suite de la fuite de données chez Desjardins.    

« Le plus rapidement possible »   

Québec a été avisé de la découverte mercredi, mais l’information a été diffusée aux médias seulement vendredi après-midi.    

« Le gouvernement a fait le plus rapidement possible. Il fallait opérationnaliser tout ça. C’est-à-dire, mettre en place une ligne téléphonique et s’assurer d’une entente avec une firme externe en surveillance de crédit », dit M. Tousignant.    

Pour plus d’information, les enseignants et ex-enseignants peuvent contacter Service Québec au 1 877 644-4545 à compter de 8 h 30, samedi.

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