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L’Université de Montréal forcée à réintégrer une employée congédiée

Alex Drouin - Le Journal de Montréal

STOCKQMI-ECOLE

JOEL LEMAY/24H MONTREAL/AGENCE QMI

L’Université de Montréal a été obligée à embaucher de nouveau une employée qu’elle a congédiée prétextant des coupes budgétaires, alors que la femme était en congé parental.    

« J’estime que l’[Université] n’a pas démontré que sa décision était fondée sur des motifs légitimes et non discriminatoires. Au contraire, les faits tendent à démontrer que l’on a procédé à une terminaison d’emploi en raison [...] de la grossesse », peut-on lire dans la décision rendue au début février par le Tribunal d’arbitrage.     

Caroline Paradis est agente de recherche depuis juillet 2009 à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal (UdeM).     

Elle a eu quatre grossesses consécutives et a travaillé trois semaines entre le 6 janvier 2011 et le 30 novembre 2017, soit le jour de son congédiement, qu’on lui a annoncé pendant qu’elle était toujours en congé parental.    

Propos discriminatoires  

L’une des responsables du département lui a confirmé verbalement qu’elle « aurait toujours un emploi, n’eût été se grossesses. De tels propos qui n’ont pas été niés par celle-ci. Ces propos sont nettement discriminatoires », est-il écrit.    

Pour expliquer son congédiement, l’UdeM lui a fait savoir qu’elle n’était plus assez qualifiée pour son boulot en raison des années d’absentéisme et « allègue avoir procédé à un licenciement pour motif économique », peut-on lire également dans le jugement.    

« Cette preuve est bien mince. Elle ne repose que sur le témoignage de la responsable. Aucun document corroborant ce témoignage n’a été déposé. Pas même le budget ni les états financiers », indique le document.     

L’arbitre Nathalie Faucher a ordonné à l’employeur de « réintégrer Mme Paradis dans son emploi avec le salaire et les avantages perdus, le tout avec les intérêts et l’indemnité additionnelle prévus au Code du travail. »     

Par courriel, l’UdeM a fait savoir qu’elle « respectera cette sentence et procédera, tel qu’ordonné, à la réintégration de l’employée dans son boulot ».