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Blanchet demande à Trudeau d’agir maintenant

TVA Nouvelles

Au grand désarroi du d’Yves-François Blanchet, les principaux barrages érigés en plusieurs points du pays depuis 18 jours, pour protester contre un projet de gazoduc traversant un territoire autochtone de Colombie-Britannique étaient toujours en place dimanche, deux jours après que le premier ministre Justin Trudeau a exigé leur levée immédiate.   

Samedi, plusieurs dirigeants de la nation Wet'suwet'en à l'origine du mouvement, ont réaffirmé leurs revendications pour une reprise du dialogue, lors d'une visite d'un barrage en territoire mohawk près de Montréal: retrait complet de la police fédérale de leur territoire ancestral et suspension des travaux du gazoduc par la compagnie Coastal GasLink.   

Le chef du Bloc Québécois Yves-François Blanchet n’a pas hésité à mettre de la pression sur le premier ministre Trudeau pour qu’il mette fin au blocus une fois pour toutes.   

Sur Twitter, M. Blanchet a rappelé à Justin Trudeau que les conditions exigées par les autochtones étaient «dès lors rassemblées».   

 «Justin Trudeau doit faire lever les barricades aujourd’hui et ouvrir un dialogue», ajoute-t-il.   

Samedi, le bureau de l’évaluation environnementale en Colombie-Britannique a demandé à l’entrepreneur responsable du gazoduc de consulter les nations autochtones d’ici les 30 prochains jours, sans quoi il pourrait révoquer le permis et empêcher que les travaux ne se poursuivent.   

Or, cette demande a été formulée le 19 février. Et selon M. Blanchet, Justin Trudeau aurait dû s’en servir comme levier pour forcer le dialogue.   

«Plutôt que de référer à la suspension des travaux, le premier ministre du Canada s’est de nouveau caché derrière les corps de police des provinces et du Québec, a-t-il martelé. C’est le contraire du type d’initiative qu’il faut prendre. Il ne faut pas menacer d’avoir recours à la force alors qu’il y a une grande ouverture présentement pour des conditions favorables à une négociation.»  

Après leur tournée en Ontario et au Québec pour rencontrer leurs soutiens au sein de la communauté mohawk, les chefs héréditaires Wet'suwet'en ont repris dimanche le chemin de la Colombie-Britannique. Ils doivent se réunir lundi pour décider de la suite de leur mouvement, selon plusieurs médias canadiens.

La situation est délicate pour M. Trudeau, qui a fait de la réconciliation avec les populations autochtones l'une des priorités de son deuxième mandat.

Le gouvernement, pressé par l'opposition d'agir vite, prône toujours une résolution «pacifique» à ce conflit. Il veut éviter qu'il se termine dans le sang, comme de précédentes crises ayant opposé la communauté autochtone aux autorités fédérales ces dernières décennies.

Quelques heures après l'appel de M. Trudeau vendredi, la police a délogé dans le calme quelques dizaines de manifestants qui bloquaient une voie ferrée sur la commune de Saint-Lambert, au sud de Montréal, en soutien aux Wet'suwet'en.

La société de transports de passagers VIA Rail a de son côté annoncé la reprise du trafic entre Ottawa et Québec en début de semaine, ainsi que dans le sud de l'Ontario.

Avec l'Agence France-Presse

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