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Un dealer de drogue en fauteuil roulant

Frédérique Giguère - Le Journal de Montréal

DROGUE

CHRISTIAN PLOUFFE / JdeM

Le chef d’un réseau de trafiquants de drogue atteint de quadriplégie a écopé d’une sentence de 15 mois à purger dans la collectivité.    

Jean-François Fortin, 37 ans, a été arrêté à l’automne au terme d’une enquête menée par la police de Montréal. Ce sont des citoyens qui avaient d’abord alerté les autorités sur les activités illicites de l’homme qui se déplace en fauteuil roulant.    

Grâce à de la surveillance et à de la filature, les enquêteurs ont été en mesure de prouver que Fortin était à la tête d’une organisation qui vendait de la drogue principalement à Montréal, Laval, Terrebonne et Sainte-Thérèse.    

Drogue chez maman  

Lors de son arrestation, une perquisition a également été effectuée dans la résidence de sa mère à Terrebonne, où il vit toujours. Finalement, 8 lb de cannabis, 3000 comprimés de méthamphétamines et 50 grammes de cocaïne ont été saisis.    

L’homme a collaboré avec la police et a fourni une déclaration volontaire lors de son interrogatoire. Il a plaidé coupable à des accusations de trafic de drogue, de possession de cannabis dans le but d’en revendre et de possession de méthamphétamine dans le but d’en faire le trafic, au palais de justice de Saint-Jérôme.    

Jean-François Fortin souffre d’amyotrophie spinale de type 2, une maladie génétique. Il est aussi atteint de dysphagie, ce qui fait en sorte que toute sa nourriture doit être broyée. Le trentenaire a aussi les poumons extrêmement fragiles, a-t-il confié en cour, si bien qu’il attrape fréquemment des pneumonies et doit être hospitalisé.    

Prison impossible  

Considérant son état de santé précaire, il aurait été impossible pour le personnel carcéral de s’occuper de lui convenablement. Les parties ont ainsi proposé une sentence commune, soit 15 mois dans la collectivité.    

Le juge Michel Bellehumeur a qualifié celle-ci de très clémente, notamment parce que l’homme a déjà été condamné en 2007 pour le même crime.    

Le magistrat a aussi indiqué qu’à première vue, lorsqu’il a jeté un œil au dossier, il croyait que Fortin avait été utilisé par d’autres personnes. Or, c’était en réalité le contraire.    

Avant d’accepter la sentence proposée par les parties, le juge Bellehumeur a averti le trafiquant qu’il n’aurait pas de troisième chance.    

– Avec la collaboration de Christian Plouffe.