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Un jeune réfugié inspirant

Jérémy Bernier - Le Journal de Montréal

DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QU

Installé dans la Vieille Capitale après avoir fui les conflits en Tanzanie, un garçon de 17 ans impressionne par son implication et son désir de devenir un Québécois à part entière. Arrivé depuis deux ans, il donne même déjà des cours de patin aux nouveaux arrivants.  

En décembre 2017, Ali Hatangimana débarquait au Québec avec ses parents et ses cinq frères pour connaître un nouveau départ. Fuyant la guerre, c’est dans la Vieille Capitale que la famille a finalement déposé ses maigres bagages pour repartir à zéro. 

À cette époque, Ali ne parlait pas un traître mot de français et n’avait qu’une vague idée de ce qu’était la Belle Province. 

« Quand j’étais en Tanzanie, des gens qui vivaient ici nous appelaient et nous décrivaient le Québec comme le paradis. La neige, c’était comme les nuages du paradis », explique-t-il au Journal, dans un mélange de français et de swahili, sa langue maternelle. 

Donner l’exemple 

Or, dès son arrivée au pays, Ali a montré une « détermination incroyable » pour s’intégrer et devenir un membre à part entière de la communauté québécoise. 

En plus de suivre des cours de francisation et de pratiquer plusieurs disciplines sportives, il s’implique énormément au sein de l’organisme Motivaction Jeunesse en faisant du bénévolat. Que ce soit pour donner des cours de patin aux nouveaux arrivants ou pour donner de l’eau au marathon de Québec, il répond toujours présent pour redonner à son prochain. 

Des intervenants qui ont croisé sa route croient même que des jeunes Québécois « de souche » auraient des leçons à tirer de lui. 

 

Luc Richer, directeur de Motivaction Jeunesse

Photo tirée de Facebook

Luc Richer, directeur de Motivaction Jeunesse

 

« Il arrive de tellement loin, dans tous les sens du terme. C’est pour ça que c’est surprenant de voir son parcours aujourd’hui. Il a une attitude remarquable », louange Luc Richer, directeur de Motivaction Jeunesse. 

« Chaque fois qu’il s’implique dans quelque chose, il donne le maximum », ajoute l’intervenant social Hamed Adam. 

Émerveillement 

Évidemment, il reste encore du chemin à faire. Si Ali est capable de comprendre et de répondre à des questions en français, tenir une longue conversation demeure un peu compliqué. Malgré tout, il détonne chez les jeunes immigrants que M. Richer a eu l’occasion de côtoyer. 

« Plusieurs sont plus rébarbatifs, prennent plus de temps à “soigner leurs bobos” lorsqu’ils arrivent et sont plus réticents à enclencher un processus d’intégration. Ali a une capacité d’émerveillement très grande et il a plongé là-dedans tête première ! », image-t-il. 

D’ailleurs, le jeune immigrant avoue avoir couru pieds nus dehors lorsqu’il a vu la neige tomber pour la première fois. 

Pour l’heure, l’objectif premier d’Ali est de terminer ses études. Il aspire toutefois à devenir un jour entraîneur sportif, lui qui est actuellement un « pilier » du club de plein air de l’école La Cité. 

- Avec la collaboration de Dominique Lelièvre