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«On n’est pas comme en 1990»

TVA Nouvelles

La tension a monté d’un cran hier après le démantèlement de la barricade près de Belleville. Les Mohawks ont bloqué pendant plusieurs heures la route 344 près d’Oka et ont érigé une deuxième barricade de blocs de béton près du pont Honoré-Mercier, à Kahnawake. En Ontario, un blocus a été installé près de Hamilton, à l’ouest de Toronto. 

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La situation risque-t-elle de s’envenimer? Les conditions de lever des blocus pourront-elles être remplies? L’expert en affaires autochtones Éric Cardinal répond à ces questions.  

Doit-on craindre une situation comme celle de la crise d’Oka, en 1990? 

«On n’est pas comme en 1990 et je ne crains pas personnellement qu’on revoie une crise comme en 1990. Je pense que c’était surtout un geste symbolique, un rappel à tout le monde que les Mohawks peuvent bloquer et peuvent refaire ce qui a été fait en 1990, mais le contexte est complètement différent». 

 «S’il y avait des Mohawks qui voulaient bloquer, et il y en a certainement qui veulent le faire, ils n’auraient pas l’appui du reste de la population mohawk parce que ça nuirait à leur économie». 

Quel est le nœud du problème? 

«En Colombie-Britannique et au Québec, il n’y a pas eu de traité de cession signé, ce qui fait que lorsqu’on parle de territoire non cédé il existe encore le titre ancestral qui est reconnu par le droit canadien, mais tant qu’il n’est pas défini dans une entente écrite, il reste flottant». 

«Avec les Wet'suwet'en en Colombie-Britannique, le problème c’est précisément le fait qu’il y a un projet qui traverserait un territoire sur lequel ils ont un titre qui est reconnu en théorie, mais pas [en pratique] et c’est la même chose ici au Québec». 

Les conditions de lever des blocus? 

«C’est toujours les deux mêmes conditions: le retrait de la GRC du territoire ancestral des Wet’suwet’en (...) et le moratoire sur le projet de pipeline Coastal GasLink. Actuellement il y en a un de facto en raison d’une décision du Bureau des évaluations environnementales de la Colombie-Britannique, alors on est proche des deux conditions et ça aurait pour effet de lever automatiquement les blocus». 

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