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Suspension de 90 jours réclamée contre le Groupe Yvon Michel

Eric Thibault - Le Journal de Montréal

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Joël Lemay / Agence QMI

Le Groupe Yvon Michel (GYM) devrait se faire suspendre son permis d'organisateur de galas de boxe pendant 90 jours pour avoir «entaché la réputation» de ce sport.  

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C'est la sanction réclamée par la direction du contentieux de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), l'organisme chargé d'encadrer les sports de combats au Québec.      

L'entreprise du promoteur Yvon Michel se fait reprocher d'avoir toléré la présence de plusieurs membres du crime organisé à l'intérieur du périmètre de sécurité réservé aux officiels de la Régie, aux services d'urgence, aux médias et aux invités de l'organisateur, le soir du gala du 20 septembre 2019, au centre Pierre-Charbonneau à Montréal.      

Les Hells Angels Salvatore Cazzetta, Salvatore Brunetti, Yvon Tanguay, Stéphane Plouffe, David Lefebvre et Vincent Boulanger étaient assis dans la rangée située juste derrière celle où se trouvait M. Michel.      

Ce dernier a affirmé qu'il ne connaissait pas ces motards et qu'il n'avait «jamais» fréquenté le crime organisé, lors de son témoignage devant la RACJ la semaine dernière.      

«Croyez-vous vraiment qu'avec toute son expérience, M. Michel ne savait pas ce qui se passait et qu'il n'avait aucune idée de qui était assis dans sa rangée d'invités? Quelle image ça donne au public?», a demandé la procureure Joliane Pilon en plaidant devant des juges administratifs de la RACJ, mardi à Montréal.      

Me Pilon a concédé qu'on ne pouvait pas empêcher la présence des Hells lors des galas de boxe «mais il y a une limite à tracer», en ajoutant que les motards n'ont pas le droit d'être admis à l'intérieur du périmètre de sécurité.       

Et ce, même si M. Cazzetta et sa bande ont payé 250 $ pour leur siège comme ce fut le cas ce soir-là.      

Selon Me Pilon, les six à dix galas que le groupe GYM organise chaque année depuis 2004 «ne sont pas problématiques en temps normal» mais il y a eu «plusieurs infractions» lors de celui du 20 septembre dernier.      

Entre autres, on allègue que cette soirée de boxe et d'arts martiaux mixtes (MMA) aurait été tenue illégalement «au bénéfice» de la firme de promotion New Era Fighting, dirigée par l'athlète Yan Pellerin, qui ne détient pas de permis de la RACJ comme organisateur annuel de combats comme GYM.      

La RACJ a déjà été avisée par la police que M. Pellerin entretenait des liens avec des Hells Angels et elle avait suspendu le permis d'alcool d'un resto-bar dont il était actionnaire en 2012.       

De plus, les autorités reprochent à GYM d'avoir présenté ce soir-là un combat d'exhibition «concerté» — ou «arrangé» dans le langage populaire — entre l'homme fort Hugo Girard et la vedette de MMA Patrick Côté sans supervision d'une fédération sportive reconnue.       

Une partie des profits du gala, soit 5000 $, avait été remise à une fondation venant en aide à des athlètes handicapés qui est parrainée par M. Girard.      

Le procureur de GYM, Me Martin Pichette, livrera sa plaidoirie devant la RACJ mardi après-midi. Dès l'ouverture de cette audience disciplinaire, Yvon Michel a déclaré qu'il n'avait «rien à se reprocher».      

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