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Des AK-47 à Kahnawake, dit Legault

Vincent Larin | Agence QMI

Des Mohawks de Kahnawake possèdent des fusils d’assaut de type AK-47, a affirmé mercredi le premier ministre du Québec, François Legault.   

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En dévoilant cette information qu’il détient «de très bonne source», il dit vouloir faire comprendre à la population pourquoi la Sûreté du Québec (SQ) tarde à démanteler la barricade érigée sur les rails du Canadien Pacifique (CP) à Kahnawake, au sud de Montréal.   

Malgré une injonction obtenue par la compagnie de transport ferroviaire mardi, cette barricade a été renforcée mercredi matin avec un chargement de roches.   

François Legault n’a pas précisé si les «armes offensives» détenues par les Mohawks se trouvaient sur la réserve ou à l’endroit où a été érigée la barricade.   

Il a qualifié la situation de «très délicate» en disant vouloir laisser la SQ «faire sa stratégie» afin de signifier l’injonction aux manifestants puis défaire le blocus.   

«Je ne veux pas avoir sur ma conscience que des policiers soient blessés suite à une intervention», a-t-il expliqué.   

Selon le chef caquiste, une intervention policière est toutefois devenue nécessaire pour régler cette crise.   

Écoutez l'entrevue de Paul Laurier à QUB Radio ici.

Les Mohawks répondent  

Les représentants des Mohawks de Kahnawake ont répondu à François Legault en affirmant qu’il n’y a pas de AK-47 au blocus qu’ils font sur les rails près du pont Honoré-Mercier.    

«Nous sommes choqués par le commentaire du premier ministre François Legault qui suggère indirectement ou directement que les protestataires soient armées d’AK-47 ici [au blocus]. C’est hautement irresponsable. Nous ne sommes pas armés et ce n’est pas dans notre intention de l’être», a réagi Kenneth Deer secrétaire de la nation Mohawk à Kahnawake.     

Est-ce qu’il y a des pistolets, des carabines ou des fusils à pompe en ville, nous ne savons pas», poursuit-il.  

«Le premier ministre Legault tient des propos très dangereux et offensants en suggérant la présence d’armes dans la communauté de Kahnawake. Il n’a assurément pas considéré la portée de ses paroles pour les membres de la communauté qui vivent quotidiennement avec les souvenirs d’il y a trente ans», a réagi de son côté le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard.  

«J’invite le premier ministre à mesurer mieux ses sorties publiques et plutôt promouvoir une résolution pacifique», ajoute-t-il.  

Mardi, François Legault avait évoqué une première fois la présence d’armes sur la réserve autochtone, ce qui lui avait valu d’être accusé «d’enflammer la situation au Québec» par Kenneth Deer.   

«Il n’y a pas d’armes ici. Il y en a qui possèdent des fusils à pompe et des hameçons, mais ce n’est pas la question, ici. [M. Legault] devrait être prudent. Il ne fait qu’enflammer la situation au Québec», avait répliqué ce dernier.   

La barricade à Kahnawake a été érigée en appui à la communauté de Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, qui se bat contre le passage du gazoduc Coastal GasLink sur son territoire.   

- Avec Cédérick Caron

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