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Pénurie anticipée des matériaux de construction

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

Les matériaux de construction pourraient venir à manquer si la crise ferroviaire persiste. C'est la crainte qui est ressentie dans l'industrie puisqu'une grande partie du matériel provient par train de l'Ouest canadien. 

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Dans la cour à bois du Rona Anctil à Saint-Denis-de-Brompton, en Estrie, les inventaires sont plus que remplis. 

«Dès que le blocus a été déclenché, j'ai appelé mes fournisseurs et j'ai commandé tout ce que j'ai pu. Ils se moquaient en me disant que ça n'allait durer que quelques jours, mais regardez où on est rendu aujourd'hui», a dit le propriétaire Jocelyn Anctil. 

«On peut durer deux ou trois mois avec ce qu'on a actuellement ici, mais si la crise s'étire, ça va poser problème parce que lorsque les transports reprendront, nous ne serons pas la priorité», a-t-il ajouté. 

Bois, planches de contreplaqués, laine isolante, outils, articles saisonniers, les matériaux arrivent par train en provenance des provinces de l'Ouest. Présentement, huit wagons destinés au magasin de Saint-Denis-de-Brompton sont coincés quelque part entre l'ouest du pays et Sherbrooke. 

«C'est sûr que ça implique le financement d'un inventaire qui va prendre quelque temps à s'écouler, mais perdre un client ça coûte plus cher», a indiqué M. Anctil. 

De leur côté, les entrepreneurs en construction souhaitent aussi que les blocus tombent rapidement. 

«C'est sûr qu'il va y avoir une hausse des prix et, au bout de la ligne, ce sont les clients qui vont en subir l'impact. Pour nous aussi, les contrats signés pour la prochaine année, nous devrons livrer les constructions au prix fixé alors nous devrons absorber l'augmentation du coût des matériaux», a avancé Jean-Sébastien Houde, propriétaire des Constructions Houde. 

L'entrepreneur doit aussi vivre avec la ration de propane. Celui-ci est utilisé pour éviter que les structures et le sol gèlent. 

«C'est difficile d'en avoir. On limite notre consommation; on a même installé des chauffages électriques, ce qu'on ne fait jamais normalement.»