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Trump dénonce la «panique» propagée par les démocrates et les médias

Agence France-Presse

Donald Trump a accusé mercredi ses adversaires démocrates et certains médias comme CNN de fomenter la «panique» autour de l'épidémie de nouveau coronavirus et d'affoler les marchés que la Maison-Blanche tentait de rassurer. 

M. Trump doit s'exprimer sur la crise du nouveau coronavirus lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche à 23H00 GMT, en présence de responsables des Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC). 

Les grands médias «s'emploient à présenter le Caronavirus (sic) comme aussi mauvais que possible, créant notamment la panique sur les marchés» alors que le pays est «en grande forme», a dénoncé le président américain dans un tweet matinal. 

Le milliardaire républicain a fait des performances économiques des États-Unis le principal argument de sa campagne de réélection, or la Bourse de Wall Street a dévissé lundi et mardi à cause des craintes liées à l'épidémie. 

Et mercredi, malgré les déclarations de M. Trump, les principaux indices n'arrivaient pas à décoller, les courtiers restant dans l'incertitude. 

M. Trump a aussi reproché aux «démocrates-qui-ne-font-rien» de «parler beaucoup» sans agir, alors que son gouvernement prévoit de consacrer 2,5 milliards de dollars à la lutte contre la maladie. 

Cette proposition est «honteuse, maigre, anémique» et elle intervient «trop tard», a réagi mercredi la chef des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi. Le patron des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a lui réclamé mercredi 8,5 milliards de dollars pour financer les mesures d'urgence. 

Les démocrates reprochent également à l'administration Trump de vouloir réduire le budget des agences de santé publique en 2021, notamment celui des CDC, en pointe dans la lutte contre le coronavirus. 

Lors d'une audition au Congrès, le secrétaire à la Santé Alex Azar a défendu la décision du gouvernement, assurant que le plan était le plus à même de «mieux marcher, plutôt que dépenser plus». 

La veille, en visite officielle en Inde, le président américain avait assuré que l'épidémie de coronavirus était «sous contrôle» aux États-Unis, où 60 personnes ont été déclarées malades, dont 45 ayant été rapatriées après avoir contracté le virus à l'étranger, selon M. Azar. 

«Nous avons peu de personnes» malades et celles-ci «vont mieux», a affirmé Donald Trump, soulignant que son gouvernement avait «fait beaucoup» pour lutter contre l'épidémie. 

L'armée américaine a pour sa part annoncé qu'un militaire stationné en Corée du Sud était en quarantaine après avoir été testé positif. 

Les autorités sanitaires américaines s'attendent à une propagation de l'épidémie aux États-Unis, encourageant les écoles, les entreprises et les gouvernements locaux à envisager des mesures de précaution comme l'annulation d'événements publics. 

Les autorités craignent également que l'épidémie ne menace la chaîne d'approvisionnement en médicaments des États-Unis, car une grande partie des substances utilisées dans la confection des médicaments est fabriquée en Chine, d'où le virus est parti. 

Ces déclarations publiques plus alarmistes que les précédentes interviennent alors que la peur d'une «pandémie», une épidémie d'ampleur internationale, s'intensifie. 

Certains experts américains s'inquiètent également de l'absence d'un responsable gouvernemental ou d'une cellule de crise dédiée au coronavirus. Le poste spécialisé dans les questions de santé au sein du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche est ainsi vacant depuis près de deux ans. 

Le nouveau coronavirus a déjà provoqué quelque 80 000 contaminations et plus de 2.700 morts dans le monde, selon les chiffres l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Chine mise à part, le Covid-19 concerne désormais une quarantaine de nations où il a fait une cinquantaine de morts et près de 2800 contaminations.