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Les Québécois boivent de plus en plus de cidres

Étienne Paré | Agence QMI

Barman pours light alcoholic cider of keg tap into glass. Dark background

Parilov - stock.adobe.com

En bouteille ou en canette, sucré ou surette, pétillant ou pas, le cidre est de plus en plus populaire sur les tablettes, au grand bonheur de producteurs québécois qui se réunissaient cette fin de semaine à Montréal pour une grande activité de dégustation.

Le Mondial des cidres, organisé par la SAQ à l'occasion du festival Montréal en lumière, a rallié environ 10 000 fines bouches. Le nombre d’amateurs attirés par l’événement est de plus en plus important d’année en année, à l’image finalement de ce qu’on observe à la Société des alcools et en épiceries.

«Les ventes de cidres augmentent de 10% chaque année au Québec», se réjouit Jean-Pierre Potelle, qui aura été visionnaire en quittant son emploi il y a huit ans pour s'acheter un verger à Rougemont, le Domaine Cartier-Potelle, et y produire du cidre de glace.

Photo Agence QMI, Étienne Paré

Pour tous les goûts

Fait à partir de pommes gelées, cueillies à la fin de l’automne ou, plus simplement, avec du jus gelé de pommes tardives, le cidre de glace a longtemps été le plus populaire des cidres.

Aujourd'hui, le marché québécois ne se limite plus du tout à cette boisson très sucrée, surtout servie dans les grandes occasions. Outre les mousseux et le moût de pomme, le cidre prend aussi la forme de canettes, un format particulièrement populaire chez les jeunes.

«L’été, ça sort beaucoup avec les pique-niques, les plages, le bateau. On est loin de l’époque des cidres québécois qui avaient un goût infâme», a souligné Luc Robert, ambassadeur de Vignoble et Cidrerie Coteau, qui mise sur le consigné depuis deux ans.

D’un produit à l’autre, le goût peut être totalement différent. Cela dépend de la pomme que l’on utilise et de la météo lors de l’année de récolte.

D’ordinaire, le cidre est fait avec les variétés de pommes que l’on trouve habituellement en épicerie. Mais forts d’un marché en pleine expansion, certains vergers commencent à faire pousser des pommes qui ne sont pas bonnes à croquer, mais qui font d’excellents cidres.

Small is beautiful

Pour l’instant, la production reste en grande partie artisanale, mais quelques joueurs sont passés en mode industrielle comme la cidrerie Michel Jodoin, à Rougemont. C’est le cas de Lonetree, une entreprise de Colombie-Britannique, mais dont les cocktails vendus au Québec sont produits avec des pommes d’ici.

«Il y a une demande très forte partout au Canada, où le marché de la bière de microbrasserie s’essouffle. En Colombie-Britannique, ça marche particulièrement bien à cause de la communauté asiatique qui préfère des boissons qui ne goûtent pas trop l’alcool», a expliqué Marc-Antoine Nadeau, responsable du marketing de la compagnie.

Photo Agence QMI, Étienne Paré

Les Européens aussi apprécient particulièrement le cidre. Or, malgré ces perspectives, le fruit n’est pas encore mûr pour l’exportation, jugent la plupart des cidreries québécoises.

«Il se boit trois millions de litres au Québec. Au prorata, ce n’est même pas un demi-litre par personne, donc il y a encore un potentiel énorme de croissance ici», entrevoit Jean-Pierre Potelle.