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Rappeur accusé d’avoir vendu son ex pour financer son album

Frédérique Giguère | Journal de Montréal

Vladimir Orestil, connu sous le nom d’Oma, a publié un vidéoclip sur YouTube en octobre dernier pour accompagner sa chanson <i>Mon bled</i>, tirée de son album <i>Le 4ho3nix</i>.

Photo tirée d’une vidéo YouTube

Vladimir Orestil, connu sous le nom d’Oma, a publié un vidéoclip sur YouTube en octobre dernier pour accompagner sa chanson Mon bled, tirée de son album Le 4ho3nix.

Un rappeur accusé de proxénétisme aurait fait vivre un véritable calvaire à ses deux anciennes conjointes en les forçant à vendre leur corps dans le but, notamment, de financer son album.     

Vladimir Orestil, 38 ans, a été arrêté à Saint-Jean-sur-Richelieu en janvier.      

Il est accusé entre autres de proxénétisme, de publicité pour des services sexuels, de traite de personnes, de menaces de mort, d’agression sexuelle et d’agression armée.      

En avril 2019, le criminel s’est amouraché d’une femme de 24 ans qui sortait d’une relation de couple houleuse.      

L’idylle a débuté comme une vraie lune de miel : Orestil lui parlait de fonder une famille, la couvrait de cadeaux, était galant, serviable et poli.       

De fil en aiguille, il aurait incité sa conjointe à se prostituer. Elle aurait rencontré entre une dizaine et une vingtaine de clients par jour, ce qui représentait des profits hebdomadaires d’environ 2000 $ à 3000 $, a raconté l’enquêteur des crimes majeurs de la Sûreté du Québec Michael Beauregard lors de l’enquête sur remise en liberté de l’accusé, tenue récemment au palais de justice de Saint-Jérôme.      

  

  

60 000 $ de drogue  

Rapidement, Orestil, qui a avoué consommer pour environ 60 000 $ de drogue par année, se serait mis à conserver l’entièreté des revenus pour lui seul.      

La présumée victime aurait même dû demander de l’argent à ses proches afin de payer le loyer qu’elle partageait avec l’accusé ou encore pour se nourrir.      

La femme se serait aussi fait tatouer le nom d’artiste de l’accusé. Orestil, qui a déjà été associé à un gang de rue du quartier Saint-Michel, à Montréal, ne l’aurait jamais frappée. Or, la jeune femme explique l’absence de violence physique par le fait qu’elle a un caractère très doux et docile.      

L’accusé, qui a de nombreux antécédents judiciaires, notamment pour agression sexuelle, se décrit comme un auteur-compositeur.      

Sous son nom d’artiste, Oma, il a lancé un album de rap en novembre 2019.      

Selon ce qu’a raconté l’enquêteur Beauregard à la cour, c’est la première victime présumée qui aurait financé son disque.      

En creusant un peu, le policier a découvert qu’une autre femme aurait aussi été maltraitée par l’accusé en 2012.      

Elle a rencontré Orestil dans un contexte quasi identique à celui de la première victime présumée. Alors âgée de 19 ans, elle vivait dans la rue et était enceinte.      

Rapidement, le couple a emménagé ensemble, et elle s’est mise à vendre son corps. Orestil l’aurait par la suite incitée à se faire avorter, ce qu’elle a fait.      

Lors de cette relation, l’accusé se serait montré extrêmement violent physiquement. Il l’aurait frappée, étranglée et dénigrée de façon régulière.      

Frappée avec un balai  

Il se serait fréquemment servi d’un balai pour la tabasser, à tel point que celui-ci s’est déjà cassé sous la force de l’impact.      

Un jour, il l’aurait attachée dans la salle de bain alors qu’elle était en sous-vêtements et l’aurait fouettée avec une ceinture. Après ses épisodes de colère, Orestil aurait pris l’habitude de forcer sa présumée victime à lui faire une fellation.       

La femme devait ensuite camoufler ses ecchymoses avec du maquillage et retourner vendre son corps.      

Automutilation  

« La violence qui a été affichée dans ce dossier-là est d’une extrême gravité, au point tel où la [deuxième] victime [...] se mutilait sous les pieds pour avoir moins mal que ce que son proxénète lui faisait », a précisé Me Pierre-Alexandre Krupa, procureur de la Couronne, afin de convaincre le juge qu’Orestil devait demeurer en prison.      

La défense proposait pour sa part une thérapie pour sa dépendance à la drogue.      

Qualifiant l’accusé de « contrôlant », d’« exigeant » et de « tyrannique », le juge Paul Chevalier a déterminé que le présumé proxénète devrait demeurer en prison en attendant son procès.      

-Avec la collaboration de Christian Plouffe

Toute personne qui détient des informations sur Vladimir Orestil peut communiquer de façon confidentielle avec la Centrale de l'information criminelle de la SQ en composant le 1 (800) 659-4264.