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Il agresse sa voisine durant son sommeil

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

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Photo Fotolia

Un sexagénaire de Joliette qui a agressé au beau milieu de la nuit sa voisine assoupie s’est trahi en disant son propre nom durant l’agression. 

Sylvain Coderre s’est introduit par effraction chez sa victime alors qu’il revenait d’une soirée au bar, complètement ivre, le 19 mai 2019. Il a profité du fait que le conjoint de celle-ci se trouvait avec son colocataire pour l’agresser.  

« L’accusé décide d’introduire son pénis dans la bouche de [sa voisine]. À moitié endormie et croyant que c’est son conjoint, les yeux fermés, elle entreprend une fellation », explique la décision du juge Éric Côté, qui l’a récemment condamné à 42 mois de pénitencier.   

À un moment indéterminé, Coderre, 61 ans, s’adresse à sa victime, qu’on ne peut identifier en raison d’un interdit de publication, et lui dit : « je t’aime Manon* ».   

« Elle s’arrête et répond : “je t’aime Jean-Pierre*”, le prénom de son conjoint, ce à quoi l’accusé réplique : “C’est pas Jean-Pierre*, c’est Sylvain !” », est-il relaté.   

Complètement paniquée en se rendant compte de l’agression, la victime se lève abruptement et sort de sa chambre, ordonnant à Coderre de partir.   

Ce dernier s’exécute, non sans embrasser la main de la femme. Il sera arrêté le lendemain matin.   

Dans sa décision, le juge estime que « l’avenir est plutôt sombre » pour le sexagénaire prestataire de l’aide sociale, qui possède une kyrielle d’antécédents de diverses natures. Son risque de récidive sexuelle est au-dessus de la moyenne et celui criminel est « très élevé ».  

Absence d’empathie  

Le magistrat note une « absence d’empathie » de Coderre à l’égard de sa victime.  

« Il décrit son comportement comme “niaiseux” et que ce n’est pas “gentil” d’avoir commis de tels gestes sur une personne qui dormait. Au rapport d’évaluation sexologique, on peut y lire que l’accusé [dit] qu’il n’aurait pas “dû dire son nom à la victime pour éviter de se faire prendre” », déplore Éric Côté, affirmant être incapable de trouver une circonstance atténuante.  

Étant coupable de plusieurs autres délits, Sylvain Coderre s’est vu décerner une peine globale de 42 mois d’emprisonnements, dont 36 pour l’agression sexuelle et l’introduction par effraction. Avec la détention préventive, il lui reste 28 mois à purger.   

Il va se retrouver à vie dans le registre des délinquants sexuels.   

* noms fictifs  

-Avec Christian Plouffe