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La baisse des taux, qu’est-ce que ça veut dire pour vous?

Daniel Germain | Journal de Montréal

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La Banque du Canada a abaissé son taux directeur d’un demi-point mercredi, imitant ainsi la banque centrale américaine, qui en avait fait autant la veille. Depuis, les institutions financières ont réagi en réduisant leur taux préférentiel.   

Faut-il s’en réjouir ? Pas tant que ça.  

À qui cela profitera-t-il ?   

Pas à tout le monde !   

Voyons voir.   

Si vous avez une hypothèque à taux fixe   

La majorité des acheteurs ont recours à une hypothèque à taux fixe de cinq ans.   

Pour ceux-là, l’annonce de la Banque du Canada n’a aucun impact, leur taux étant figé jusqu’à la fin du terme de leur contrat. Les taux d’intérêt sur les nouvelles hypothèques à taux fixe de cinq ans sont à la baisse cependant, mais ce n’est pas en raison de l’annonce de cette semaine.   

Ils fluctuent davantage en fonction des taux sur les obligations de cinq ans, lesquels ont déjà baissé récemment.  

Si vous avez une hypothèque à taux variable  

Alors là, la réduction se répercutera dès le mois prochain sur les mensualités de ceux qui ont une telle hypothèque.   

Les sommes épargnées dépendront du solde et de l’amortissement restants.   

Selon les calculs de Gilles Bouillon, président de la firme de courtage hypothécaire Planiprêt, l’économie oscille autour de 25 $ par mois par tranche de 100 000 $ sur un prêt amorti sur 25 ans.   

Si vous avez une marge de crédit hypothécaire  

Ceux qui ont une marge de crédit hypothécaire avec un solde à rembourser sont les autres gagnants de la baisse des taux.   

Qu’importe que votre hypothèque soit à taux fixe ou à taux variable, la marge qui y est associée est toujours à taux variable.  

La plupart des marges de crédit se négocient actuellement au taux préférentiel (3,45 % depuis la baisse de cette semaine) plus 0,5 %.   

Rappelons qu’il est possible que les banques modifient l’écart avec le taux préférentiel. Ainsi, en 2008, plusieurs banques avaient envoyé un avis à leurs clients pour leur annoncer qu’elles augmentaient cet écart.  

Donc, les institutions financières pourraient garder pour elles une partie ou la totalité des économies. À surveiller.   

Est-ce une bonne nouvelle ?   

Ça dépend pour qui. Les grands gagnants sont les propriétaires actuels. Les baisses de taux d’intérêt se traduisent généralement par une augmentation des prix de l’immobilier. Les aspirants propriétaires pourraient donc se buter à un marché encore plus cher.  

Les baisses de taux ne sont jamais un bon signal. Elles surviennent quand l’économie vacille, donc dans un climat propice aux pertes d’emplois. Alors, ce n’est pas parce que les taux baissent que c’est une bonne idée de s’endetter davantage.