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Homosexualité: «Faire des exorcismes» comme thérapie de conversion

Véronique Racine | Agence QMI

Old Holy Bible and Crucifix. Concept for religious events

Klochkov - stock.adobe.com

Gabriel Nadeau, 26 ans, a grandi dans une «famille religieuse protestante». Connaissant la position défavorable de ses parents par rapport à l’homosexualité, il a commencé, à 12 ans, des thérapies de conversion.

«Quand j’ai réalisé que j’étais gai, ça ne m’a pas pris de temps pour demander de l’aide, ou des manières de changer auprès de mes parents», a-t-il expliqué à l’émission «Franchement dit» à QUB radio, lundi, à l'occasion du dépôt d'un projet de loi fédéral visant à modifier le Code criminel dans le but d’interdire les thérapies de conversion.

«Dans le groupe [avec qui] j’étais, il y avait la croyance que l’homosexualité était un esprit maléfique, un démon. Moi, j’étais au courant de ça, j’y croyais moi-même. Il y avait cette pratique-là de faire des exorcismes», a ajouté Gabriel Nadeau au sujet de cet exercice controversé qui vise à changer l’orientation sexuelle d’une personne.

À 12 ans, lors de sa première thérapie de conversion, M. Nadeau se rappelle qu’une personne, qui demandait à être appelée «le ministre ou le prophète», lui a «crié dans les oreilles pendant une trentaine de minutes».

«Il y avait un rituel curieux de boire de l’huile d’olive, deux cuillères à soupe d’huile d’olive et il y avait quatre personnes qu’on appelait “des diables” qui m’entouraient pendant que je vivais ça. Pendant ce moment-là, je pleurais vraiment à sanglots. C’était vraiment difficile à vivre comme moment.»

N’ayant vu aucun changement opérer sur son attirance envers les hommes, s’en est suivi «des épisodes dépressifs et des pensées suicidaires».

«Je pense que ça a été la phase la plus difficile pour moi, même au-delà de l’exorcisme. C’est, en fait, le rejet de moi-même qui s’en est suivi, de complètement être dégoûté par moi-même et vouloir changer absolument et être désespéré, chaque jour [...] C’était vraiment épouvantable», a mentionné Gabriel Nadeau.

C’est lorsqu’il a changé de réseau d’amis que M. Nadeau a commencé à s’accepter tel qu’il est.

«Pour moi, je pense, ç'a vraiment été l’une des clés les plus importantes pour accepter mon orientation sexuelle, puis être qui je suis aujourd’hui», a-t-il conclu.