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Comment les retraités doivent-ils réagir à la turbulence boursière?

Daniel Germain | Journal de Montréal

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Illustration Adobe Stock

Les plongeons boursiers sont éprouvants pour tous les investisseurs, mais tout particulièrement pour les retraités qui dépendent de leurs placements pour financer leur train de vie. Un krach peut les forcer à revoir leurs projets de retraite, ce n’est pas une farce.    

Quand on a quitté la « vie active », on récupère moins facilement ses pertes. On ne profite plus des revenus récurrents du travail, de l’horizon de placement de la jeunesse et de la tolérance au risque des beaux jours. Sa capacité de rebondir est d’autant plus diminuée qu’il faut sortir de l’argent d’un portefeuille qui recule.    

Chaque retrait concrétise une perte qui était jusque-là théorique.    

Le coussin de sécurité, est-ce une bonne idée ?  

Les conseillers financiers recommandent souvent aux retraités de conserver une portion importante de leurs avoirs en liquidités, généralement l’équivalent de trois ans de revenu.    

La logique derrière ce conseil semble implacable : les liquidités servent de tampon en cas de chute brutale des marchés boursiers. Pendant que le retraité puise dans cette réserve, son portefeuille, avec la Bourse, a le temps de se rétablir.    

Cette approche semble pleine de bon sens, ce n’est pas étonnant que les conseillers la prescrivent à tout vent. Il y a un problème : elle ne fonctionne pas. Bien que son inefficacité ait été démontrée depuis plusieurs années, on continue à proposer aux investisseurs retraités ce qu’on appelle la « stratégie par paniers ».    

Pourquoi ça ne fonctionne pas ?  

Voici les deux raisons principales :        

  1. Si un retraité conserve des liquidités pour subvenir à ses besoins pendant trois ans, il renonce à faire des rendements sur ce panier. Il doit alors prendre plus de risques avec la portion investie de son portefeuille. Sinon, il doit se contenter de rendement à long terme plus faible.    
  2. Ce panier de liquidités, il ne se régénère pas tout seul. Il faut puiser dans les placements pour le reconstituer. Mais quand le faire et à quelle fréquence ? Répondre à cette question, c’est comme tenter de deviner les hauts et les bas de la Bourse. Ça revient à vouloir synchroniser le marché.        

Alors, l’autre solution consisterait à regarnir le panier d’un côté à mesure qu’on puise dedans de l’autre côté. Mais alors, quelle est la différence entre cette stratégie et celle qui consiste à puiser directement dans les placements ?    

Conseils     

-Conserver un portefeuille conforme à sa tolérance au risque qui nous protège de la panique.     

-Faire de petits retraits fréquents. Ainsi­­­, on pige dans ses placements aussi bien dans les hauts que dans les bas de marché. C’est le même principe que durant l’épargne, en investissant dans les sommets comme dans les creux, on s’assure un coût moyen raisonnable.     

-Reporter à plus tard les dépenses importantes quand la Bourse plante. On peut aussi réduire un peu ses dépenses de manière générale le temps que la tempête passe.