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La France ferme toutes ses écoles, universités et garderies

Agence France-Presse

Écoles fermées, seniors priés de rester chez eux, relance économique européenne et mesures pour les entreprises: le président français Emmanuel Macron a annoncé un train de mesures jeudi pour lutter contre la propagation de l'épidémie de coronavirus qui touche particulièrement la France.

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Dès lundi, l'ensemble du système scolaire français ainsi que les garderies seront fermés jusqu'à nouvel ordre, une mesure lourde de conséquences pour des millions de travailleurs qui vont devoir s'organiser pour faire garder leurs enfants ou passer en télétravail.

Une mesure-choc pour contrer la «plus grave crise sanitaire qu'ait connue la France depuis un siècle», selon le chef de l'État qui a affirmé que «notre priorité absolue sera notre santé».

Dans une allocution solennelle, il a martelé l'importance de l'unité de la nation, secouée ces derniers mois par plusieurs crises sociales comme le mouvement des gilets jaunes ou la grève controversée contre la réforme des retraites.

M. Macron a appelé les personnes de plus de 70 ans et les plus vulnérables à rester chez eux et a également demandé à l'ensemble des Français de faire preuve de «responsabilité» en limitant «au strict nécessaire leurs déplacements» alors que la maladie progresse.

Avec près de 3000 cas et 61 décès selon un dernier bilan publié jeudi soir, la France fait partie des principaux foyers d'infection dans le monde.  

«Il nous faut continuer à gagner du temps» contre l'épidémie, a souligné le président.

Le premier tour des élections municipales de dimanche, sur lequel planait une grande incertitude, sera toutefois maintenu, de même que le fonctionnement des transports publics.  

«Il est important en ce moment, en suivant l'avis des scientifiques comme nous venons de le faire, d'assurer la continuité de notre vie démocratique et de nos institutions», a-t-il assuré.

Des consignes seront données, notamment pour s'assurer que les mesures barrières contre le virus et les recommandations sanitaires soient bien respectées.

Solidarité

Face à la crise économique qui se propage avec des marchés boursiers en chute libre et de nombreux secteurs qui tirent la langue, Emmanuel Macron a estimé que l'Europe devra réagir «fort et vite» par des mesures de relance «quoiqu'il en coûte».

«La Banque centrale européenne a fait part de ses premières décisions. Seront-elles suffisantes? Je ne le crois pas», a-t-il poursuivi.

Jeudi, la BCE avait annoncé une série de mesures comme favoriser les prêts aux PME et renforcer ses achats de dette publique et surtout privée.

Le président a par ailleurs annoncé qu'il mettrait en place un mécanisme «exceptionnel et massif de chômage partiel» pour protéger les emplois en France.

Emmanuel Macron a également insisté sur la solidarité européenne et à éviter le «repli nationaliste», critiquant la «division».

«Nous aurons sans doute des mesures de contrôle, de fermeture de frontières à prendre, mais il faudra les prendre à l'échelle européenne», a-t-il concédé.

Il a notamment indiqué qu'il allait prochainement échanger avec le président américain Donald Trump qui a interdit pour trente jours tous les voyages depuis l'Europe vers les États-Unis.

Pour soulager les hôpitaux et libérer des lits de réanimation pour les cas les plus graves, le gouvernement français a demandé jeudi la déprogrammation des interventions chirurgicales non urgentes.

Emmanuel Macron a loué la gratuité du système de santé français et de l'État-providence, assurant que certains «biens et services doivent être placés en dehors des lois du marché».

«Le moment est celui de la solidarité et de la cohésion. Pas celui de la polémique», a réagi le leader de la gauche radicale française, Jean-Luc Mélenchon, opposant farouche à Emmanuel Macron.

De nombreuses incertitudes subsistent face à l'évolution de ce virus encore mal connu. En Italie, où des mesures de confinement drastiques ont été mises en oeuvre, la péninsule a franchi la barre des mille morts et les cas continuent de grimper. 

Plusieurs spécialistes estiment qu'un scénario à l'italienne n'est pas à exclure en France.