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Un couple de Québécois tente de quitter Rome

Kathryne Lamontagne | Journal de Montréal

Originaire du Québec, Étienne Paré-Cliche et Emma Doiron sont coincés à Rome, en Italie.

Photo courtoisie

Originaire du Québec, Étienne Paré-Cliche et Emma Doiron sont coincés à Rome, en Italie.

Un jeune couple de Québécois tente par tous les moyens de quitter la ville désormais fantôme de Rome, mise en quarantaine à peine 24 heures après leur arrivée. 

«Du jour au lendemain, on était en quarantaine», résume Étienne Paré-Cliche, 27 ans, originaire de la Beauce. Le jeune arpenteur-géomètre et sa conjointe, Emma Doiron, 26 ans, ont quitté le Québec l’été dernier pour voyager en Europe durant une année entière.

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Vendredi, le couple a pris un train du sud de la France vers Gênes, en Italie. Tous deux étaient bien conscients du nombre grandissant de cas et de décès liés au coronavirus dans ce pays, le deuxième plus touché au monde après la Chine. «Mais ça se concentrait au nord du pays, explique Étienne. Il n’y avait aucun contrôle, aucune panique.» 

Quarantaine 

Le duo a rejoint Rome dimanche, où il a passé la nuit dans une auberge de jeunesse bondée. Le lendemain toutefois, le gouvernement annonçait la mise en quarantaine de tout le pays jusqu’au 3 avril. 

Depuis, les institutions scolaires et touristiques sont fermées, les rassemblements sont interdits, les déplacements sont limités, les bars, restaurants et commerces ferment leurs portes à 18h. L’auberge de jeunesse d’Étienne et Emma s’est vidée d’un coup. «C’était fou! La panique a pris au lendemain de l’annonce de la quarantaine», dit-il. 

Changement de plan 

Les jeunes voyageurs, qui prévoyaient rejoindre le sud de l’Italie, se sont aussitôt mis à la recherche d’un vol pour quitter le pays. Ils doivent se rendre à Berlin, jeudi matin, si l’Allemagne ne ferme pas ses frontières d’ici là. «Sinon, on va devoir rester à Rome», se résigne Étienne. 

Et à Rome, c’est le calme plat. «Tous les Italiens se sont fait dire de rester chez eux. C’est vide partout», illustre le jeune homme, qui évoque notamment la difficulté de trouver des restaurants ouverts. «On s’est commandé un kébab [mardi], un peu après 18h. La police est arrivée, on s’est fait dire de ramasser notre kébab et de partir.  

Les pharmacies ne détiennent plus de masques. À l’épicerie, les consommateurs doivent faire la file à l’entrée en prenant soin de respecter une distance d’un mètre entre eux. «Le nombre de clients est limité. Quand une personne sort, une autre peut entrer. Et il faut porter des gants de plastique.» 

Malgré tout, le duo ne craint pas pour sa sécurité. «C’est sûr que c’est un peu bizarre de voir tout le monde avec des masques. On est plus inquiets qu’avant, mais pas vraiment», avance Emma, qui n’exclut pas la possibilité de revenir plus tôt au Canada, si la situation en venait à dégénérer en Europe.