/news/coronavirus

Faire du désinfectant liquide avec de la vodka: une fausse bonne idée

Étienne Paré | Agence QMI

Alors que la pénurie de désinfectants dure depuis quelques semaines, voilà que les pharmacies sont en rupture de stock d’alcool à friction. Pour faire leur «Purell maison», certains utilisent donc du fort, comme de la vodka, mais cela est une très mauvaise idée, insistent des pharmaciens.

• À lire aussi: Les 24 stratégies de Québec pour sauver le plus de vies

• À lire aussi: Une ruée vers le papier de toilette, mais pourquoi ?

• À lire aussi: L'anxiété au temps du coronavirus

«De la vodka, c’est seulement environ 40 % d’alcool. Pour faire du Purell, ça prend entre 60 % et 80 % d’alcool», a expliqué d’emblée la pharmacienne Michelle Costello, inquiète que de telles recettes puissent être relayées sur le web.

D’ailleurs, même le producteur américain de vodka Tito’s a déconseillé cette semaine à la population d'acheter sa boisson pour créer un gel antiseptique.

Seulement de l’alcool à friction

En fait, même les bouteilles qui affichent des taux d’alcool entre 60 % et 80 % à la SAQ sont inefficaces pour faire un désinfectant capable de protéger du coronavirus, ajoute-t-elle.

«Il faut savoir que l’alcool à friction, qui permet de faire du Purell, ça n’a rien à voir avec l’alcool que l’on boit. Pour le Purell, on doit absolument prendre de l’alcool Isopropylique ou éthylique (les deux noms scientifiques donnés à l’alcool à friction), même le peroxyde est inefficace», a souligné Mme Costello, rejointe par téléphone samedi, après une journée particulièrement occupée dans son commerce de Montréal.

Pénurie en pharmacie

Depuis jeudi, quand le gouvernement Legault a pris les grands moyens pour empêcher une trop grande éclosion de la COVID-19 au Québec, l’achalandage en pharmacie a explosé.

«En début de semaine, il n’y avait pas de problème pour trouver de l’alcool à friction, mais depuis vendredi, il n’y en a plus», a témoigné la pharmacienne, qui ne s’attend pas à ce que la situation revienne à la normale avant quelques semaines au moins.

La pénurie du principal ingrédient des recettes crédibles de gel antiseptique n’est pas un drame, assure l’Ordre des pharmaciens du Québec.

«L’eau et le savon, c’est vraiment ça la priorité. Le Purell, c’est complémentaire. Ça peut bien faire pour les gens, par exemple, qui n’ont pas accès à de l’eau et à du savon sur leur lieu de travail», a nuancé Julie Villeneuve, directrice des communications de l’ordre professionnel.

À l’instar du papier de toilette, il ne risque pas de manquer de savon en pharmacie de si tôt, croit-elle.